L'agilité en dehors du logiciel

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Intégrer plutôt que séparer

En mars, j'avais présenté les premiers principes de la permaculture, en préparant la soirée-débat Permaculture et agilité du 21 mars au 100e singe. J'avais été interrompu après le 7e principe par l'urgence de ma relecture pour la sortie de mon livre Scrum, qui a été finalement publié en mai.

Je parle de permaculture dans cette 5e édition, mais je n'y détaille pas les 12 principes.

Le 8e principe "Intégrer plutôt que séparer" est typique de l'approche systémique qui met l'accent sur les connexions entre les éléments, alors qu'un approche plus traditionnelle (cartésienne) se préoccupe plus de décrire les éléments décomposés.

La permaculture agricole ou potagère s'intéresse principalement au système qui permet de produire. Dans notre domaine du développement, le 8e principe peut s'appliquer au système de production, mais aussi au système produit.

Dans le premier, les éléments du système proviennent essentiellement de l'équipe et des parties prenantes, ce sont des gens. Dans le second, les éléments sont plutôt les composants du système réalisé, identifiés par l'architecture (ou le design pour reprendre un terme usité en permaculture).

La loi de Conway (qui date de 50 ans) stipule que l'organisation des gens influence la structure des composants. Le livre Accelerate (qui a fait l'objet du dernier klub de lecture et que j'ai recommandé aux participants du dernier Raid Agile) met en avant l'importance d'avoir une architecture faiblement couplée pour être performant et passer à l'échelle.

Les auteur·es préconisent la loi de Conway inversée : les organisations devraient faire évoluer leurs équipes et leur organisation pour obtenir l'architecture désirée. Ils et elles ont constaté dans leur étude que les pratiques d'ingénierie DevOps (dont loosely coupled architecture) menant à la livraison continue (continuous delivery) avaient un impact prouvé sur : la performance de l'équipe, son identité, moins de burnout, moins de douleur à déployer et moins de rework.

À chaque principe, Holmgren associe un proverbe. Pour ce 8e principe, c'est : Plus on est nombreux, moins le travail est dur

Il résonne particulièrement avec la capacité de passer à l'échelle, favorisée par une architecture faiblement couplée, comme le démontre Accelerate[1].

On retrouve dans le texte associé à ce 8e principe un des énoncés majeurs de la permaculture :

  • chaque élément remplit plusieurs fonctions
  • chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments

Cela permet d'obtenir des systèmes robustes et résilients. Côté humain, c'est par des relations coopératives et symbiotiques qu'on pérennise l'équipe (contre l'hyper-spécialisation et le travail solitaire).

Note

[1] et on comprend bien que le passage à l'échelle n'est pas une affaire de framework

Partir des structures d'ensemble pour arriver aux détails

Les 6 premiers principes de la permaculture que vous avons présentés considéraient l'élément, tandis que les 6 suivants vont partir du système.
Nous passons donc d'une approche bottom-up à du top-down.

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Ne pas produire de déchets

perma6.png

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Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables

Permaculture et agilité 5/12

Dans permaculture, il y a permanence. On retrouve cette idée de durée dans le 8e principe du Manifeste agile, celui qui parle de rythme soutenable.

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Appliquer l'auto-régulation et accepter la rétroaction

La permaculture, ce n'est pas seulement agricole. D'ailleurs "Permaculture humaine" c'est le titre du livre qui a été choisi pour le prochain klub de lecture, en avril.

Je poursuis l'examen des principes avec le regard de l'agilité. Voici le 4e des 12 principes, énoncés dans L'essence de la permaculture de David Holmgren.

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Créer une production

Les inscriptions continuent à affluer pour la soire Permaculture et agilité au 100e singe.

En attendant, voici mes réflexions sur le principe 3.

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Collecter et stocker l'énergie

On continue dans la permaculture et l'agilité, pour se préparer à la soirée du 21 mars.

Aujourd'hui le 2e principe de la permaculture.

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Observer et interagir

La permaculture a le vent en poupe. Chez les agilistes aussi.

Deux événements organisés par l'association Agile Toulouse en témoignent :

De mon côté, la permaculture aura une bonne place dans les nouveautés de mon édition 5 de Scrum. Nous en parlerons le 25 mai lors de Sea, Scrum and Sun.

Pour préparer la soirée du 21 mars, je propose une réflexion sur les principes de la permaculture, tels qu'ils sont énoncés dans l'article de David Holmgren. Commençons par le premier.

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Auto-organisation

La semaine dernière, j'ai publié sur twitter une photo de grues cendrées en migration au-dessus de la Lorraine. Elles étaient en route pour l'Espagne ou l'Afrique avec une pause probable dans les lacs du Der.

grues.JPG Photo en CC-SA-BY (merci ma sœur).

Les grues pratiquent le vol en groupe sur longue distance et se relaient régulièrement.

C'est un bel exemple d'auto-organisation disais-je dans mon tweet.

En regardant la photo, je me suis souvenu qu'il y avait des oiseaux en migration dans un slide du support de cours de la formation de la Scrum Alliance que j'avais suivie en 2005. Je l'ai retrouvé, et, en fait, c'était un dessin avec des oies sauvages :

oies.jpg

Le terme auto-organisation n'y était pas associé, le vol des oies était là pour illustrer l'approche empirique et la complexité.

Pour qualifier l'équipe Scrum, j'ai utilisé depuis les qualificatifs d'auto-organisée, et parfois d'auto-gérée (comme dans ce billet sur mai 68, où je dis aussi autonome), les 2 de façon interchangeable.

Steeve, qui relit des chapitres de la future édition 5 de mon livre, m'a fait remarquer que ce n'était pas pareil, auto-organisation étant pour lui plus adapté à une équipe Scrum communiquant avec son environnement.

Frédéric Laloux, dans Reinventing Organizations, qui sera discuté ce soir au klub de lecture d'Agile Toulouse utilise auto-gouvernance pour les entreprises opales.

Lui non plus ne confond pas avec autogestion, il explique que c'est associé à la prise de décision par consensus, jugée non efficace, alors qu'il préconise le processus d'avis (advice process).

Auto-gouvernance, autogestion ou auto-organisation, quel terme utiliser dans l'édition 5 ? Je vais probablement me fixer sur auto-organisation, qui colle mieux avec l'approche systémique que je développe.

Quant à Lilian, le mot qui lui vient à l'esprit en voyant les grues, c'est stigmergie. Il a un dossier très intéressant sur le sujet, dont cet article qui présente l'autorisation a priori et les nœuds.

Impact mapping et artisan, la suite

En juin, j'avais publié un billet qui montrait un usage de l'impact mapping dans la vie quotidienne : L'impact mapping pour dialoguer avec les artisans.

Les travaux ont été effectués en juillet. Les features listées sur la carte, identifiées à partir des impacts attendus, ont bien été réalisées.

nymphea.jpgJ'avais demandé à l'artisan de revenir trois mois plus tard pour que je lui donne mon feedback. Et aussi pour qu'il me donne des conseils supplémentaires pour l'entretien.

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