Durée fixe des itérations

Lorsque je présente Scrum ou plus généralement une approche agile à un néophyte, il ne comprend pas bien "pourquoi la durée des itérations (sprints) doit être fixe".

Je donne l'argument du rythme (sustainable pace) pour justifier cette recommandation, mais on ne peut vraiment la comprendre qu'une fois qu'on a pratiqué. L'intérêt d'avoir une durée identique pour toutes les itérations permet effectivement de donner un rythme à l'équipe et présente d'autres avantages : les revues sont plus faciles à organiser, les intervenants peuvent planifier à l'avance... C'est l'intérêt des blocs de temps (time box).

Mais cette recommandation peut être en contradiction avec une autre : pour chaque itération on doit disposer des mêmes ressources. Par exemple dans une période de vacances, une équipe peut se retrouver avec 2 ou 3 personnes en moins pendant une partie du sprint. Cela risque de diminuer significativement la vélocité. Il est préférable d'avoir la même quantité de ressources à chaque itération si on utilise la vélocité pour planifier la release.
Il faut donc choisir entre ces 2 recommandations quand les ressources varient nettement pendant une période. Soit on privilégie un rythme régulier, soit une quantité de travail à peu près équivalente à chaque itération.

En fait la recommandation la plus importante est : on ne change pas la date de fin une fois que l'itération a commencé. Même si on n'a pas fini tout ce qu'on voulait faire, on garde la date de fin prévue.
Pourquoi ? En plus des arguments évoqués ci-dessus sur l'organisation, cela évite le syndrome du presque fini (à 90 %). J'ai eu de nombreuses fois des demandes pour repousser la date d'une revue au prétexte qu'on avait un tout petit peu de retard et qu'avec 2 ou 3 jours de plus ce serait mieux on aurait tout ce qui était prévu. Évidemment la plupart du temps, après ce laps de temps supplémentaire, il en aurait fallu encore un peu... C'est humain de croire qu'on va arriver. La notion de bloc de temps évite cette dérive. A la date prévue, on regarde où on en est et on ajuste en conséquence la planification des prochaines itérations.