Pratiquer Scrum à 33

Nous sommes 33 sur le projet Wilos, c'est bien plus que la taille normale d'une équipe Scrum.

wilos.jpg Wilos est un environnement d'exécution de processus. Il y a 32 personnes qui travaillent sur le projet, plus moi qui suis le directeur de produit. La première version de Wilos sortira fin mars. Scrum est appliqué, avec des sprints de 3 semaines. Voilà l'organisation que nous mettons en place, en adaptant Scrum à la taille de l'équipe :

L'équipe est formée de 3 groupes avec chacun 10 ou 11 personnes. Chaque groupe s'occupe d'un domaine fonctionnel identifié. En plus, un des groupes est plus particulièrement chargé de l'infrastructure.

Il y a un backlog de produit unique. A partir de ce backlog, nous décidons, lors d'une réunion de planification, quel groupe prend la responsabilité des histoires d'utilisateur qu'il contient. En tant que directeur produit, je définis les priorités. Cela permet d'avoir pour chaque groupe sa liste d'histoires d'utilisateur. Le groupe peut alors les estimer. Chaque groupe planifie son sprint et produit son backlog de sprint.

Sur ce projet, les membres de l'équipe ne sont pas à temps complet : le temps passé par semaine peut varier de 8 à 20 heures. Il n'est donc pas obligatoire de tenir des scrums [1] tous les jours, mais il est décidé d'en faire au moins 2 fois par semaine. Ces scrums sont faits au sein d'un groupe (je peux éventuellement y participer si le groupe me le demande). Ils sont suivis d'un scrum de scrums qui est une réunion de coordination inter-groupes, avec le ScrumMaster de chaque groupe, éventuellement accompagné d'une ou 2 personnes de son équipe, auquel je participe, et qui permettent de régler les problèmes éventuels de coordination.

La démonstration en fin de sprint est faite avec l'équipe au complet. Les rétrospectives sont menées uniquement avec les sous-groupes. En plus d'être le directeur produit, je suis aussi l'expert Scrum sur le projet. Je participe donc à toutes les rétrospectives.

C'est parti avec cette organisation, le sprint en cours se termine le 26 janvier. On verra lors de rétrospective s'il convient de faire des adaptations pour le sprint suivant.

Notes

[1] scrum daily meeting ou mêlée quotidienne

Commentaires

1. Le samedi 13 janvier 2007, 10:19 par Oaz

Organisation très intéressante.
Le point qui retient mon attention est "les membres de l'équipe ne sont pas à temps complet : le temps passé par semaine peut varier de 8 à 20 heures".
Il me semblerait logique que cette variation induise une pondération de la vélocité par le temps passé. Etant donnés 2 sprints de 3 semaines, on ne peut pas comparer les nombres de points réalisés dans un sprint où tout le monde a travaillé 3*8=24 heures et ceux réalisés dans un autre où tout le monde a travaillé 3*20=60 heures, non ?
Dans la pratique, je suppose que l'on n'arrive pas à des écarts aussi extrêmes mais je suis curieux de savoir si ces écarts sont mesurés et pris en compte dans la vélocité.

Une question connexe est : qui décide du temps alloué ? Chaque membre individuellement ? Dans un tel cas, comment connait-on le temps alloué pour les sprints à venir ? Cela me semble avoir un impact sur le burndown chart d'une release. Pour que l'information qu'il donne soit intéressante, il faut une certaine régularité de la vélocité et une bonne connaissance du temps alloué à venir.

PS : le bouton 'Prévisualiser' donne l'erreur suivante :
Commentaire pour
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2. Le samedi 13 janvier 2007, 15:54 par claude aubry

Oaz, merci de m'avoir signalé l'erreur sur Prévisualiser, c'est corrigé.

En ce qui concerne la variation du temps passé, elle peut exister de façon importante entre 2 personnes différentes sur une semaine, mais pas entre 2 sprints : pour une équipe cela devrait s'équilibrer. Les membres de l'équipe doivent travailler au moins 8 heures par semaine et ceux qui sont motivés (ou lents mais qui veulent finir ce sur quoi ils se sont engagés) travaillent plus. La mesure de la vélocité va être faite, elle peut d'ailleurs aider à motiver, mais elle ne servira pas beaucoup à planifier : il faut mesurer la vélocité sur au moins 3 sprints et faire une moyenne pour avoir une bonne idée de la tendance. Avant c'est prématuré.

Ah, j'ai oublié de dire que ce sont des étudiants.