Le syndrome de l'étudiant

... n'est pas réservé qu'aux étudiants.

Je viens de finir un article sur comment vendre les méthodes agiles. La date limite c'était fin avril. Je le savais depuis longtemps, presque 2 mois. Ce travail m'a demandé quelques heures et j'aurais pu trouver ce temps pour finir cet article bien plus tôt. Mais j'ai tendance à travailler dans l'urgence et à m'y mettre vraiment au dernier moment.

Cette façon de faire est connue en psychologie sous le nom syndrome de l'étudiant. Je connais pas mal de personnes qui ne sont plus étudiantes depuis longtemps et qui font comme ça. C'est humain : quand on a du temps devant soi, on repousse une tâche difficile jusqu'à se sentir obligé de la faire car il ne reste plus de mou dans le planning.

C'est pour éviter cette tendance naturelle que les méthodes agiles préconisent des itérations courtes et régulières et des plans détaillés uniquement pour ce court terme.

Commentaires

1. Le mercredi 02 mai 2007, 13:26 par Matthieu

C'est vrai qu'avec des tâches courtes, assez précises, et suivies quotidiennement, ça ne laisse pas beaucoup de latitude pour repousser les choses ou les faire trainer...

Je pense que ça peut sensiblement améliorer l'efficacité d'une équipe, mais je me demande quand même s'il n'y a pas d'effets pervers à appliquer cette pression permanente, à supprimer le mou dans le planning.
Le fait que l'équipe se challenge elle-même au lieu d'être pressée de l'extérieur est sans doute la clé pour que ce soit supportable sur le long terme...

Qu'en pensez-vous ?

2. Le samedi 05 mai 2007, 16:55 par Stéphane Boisson

A mon avis, la clé principale de la productivité dans Scrum cela est le découpage en tâches à effectuer dans un délais assez court.. Ca permet d'éviter l'impression de se retrouver devant une tâche insurmontable, et donc de se laisser aller à d'autres activités plus accessibles..

Je ne pense pas que le but soit de supprimer l'indispensable mou, mais plus de faciliter la motivation, de rentrer dans le "flux".. A moins qu'on s'efforce de faire un suivi des heures travaillées sur chaque tâche?

3. Le samedi 19 mai 2007, 15:51 par Jean Pseudo

50 % des étudiants repoussent leur travail au lendemain

Les étudiants ne sont pas seuls à remettre à plus tard ce qu'ils pourraient faire le jour même. Mais ils sont plus touchés que d'autres catégories de la population.

ALORS que les étudiants révisent ardemment leurs partiels de fin d'année, nombre d'entre eux sont atteints d'une manie très handicapante, celle de l'ajournement perpétuel ou « procrastination ». Les chercheurs, qui se réunissent très sérieusement les 23 et 24 juillet prochain à l'université catholique du Pérou, à Lima, pour les cinquièmes rencontres internationales consacrées à ce syndrome, évaluent la proportion de « procrastinateurs » chroniques et problématiques à environ 20 % de la population et à... 50 % chez les étudiants. Américains, Canadiens et Suisses s'intéressent très sérieusement à ce qu'ils appellent la « procrastination académique » dans les universités.

La tendance à repousser le travail serait plus marquée chez les jeunes hommes. Selon Franziska Tschan, professeur de psychologie du travail à l'université de Neuchâtel, elle est encouragée par les stéréotypes culturels, qui perpétuent l'image de garçons créatifs et distraits face à des filles appliquées et organisées. Elle serait également liée à une « maturation plus lente du cerveau des garçons », explique-t-elle dans le journal Le Temps.

Les procrastinateurs ne sont pas forcément des paresseux. Mais des personnes qui ne supportent pas l'échec. Ou encore des perfectionnistes à l'excès : ils ne veulent pas founir un travail qui n'approche de la perfection. Et comme la perfection n'est pas de ce monde, l'étudiant contourne le problème en ne faisant rien. Ou est au contraire pris d'une frénésie d'activités qui n'a aucun rapport avec sa dissertation ou son mémoire...

Se fixer des priorités

Pour William J. Sommer, spécialiste de la question à l'université de Columbia aux États-Unis, s'il s'accompagne d'une extrême an­xiété, ce syndrome n'a pas que des désavantages : « Les dissertations gagnent parfois en intensité, énergie et synthèse lorsqu'elles sont faites au dernier moment. » Il pense toutefois qu'un « bon professeur » ou un binôme étudiant doit inspirer du respect, de la crainte, voire de l'a­version pour inciter à travailler de façon plus organisée. La bonne vieille méthode du père fouettard fait toujours recette... Pour lutter contre ce syndrome, les universités de Lausanne ou Genève proposent des brochures et des consultations aux étudiants. Elles leur conseillent de se fixer des priorités, d'apprendre à compter le temps ou de s'offrir des récompenses telles que : « Je travaille une heure à fond et j'appelle un ami. » À Lausanne, on estime que les procrastinateurs se rencontrent plus en lettres, langues et histoire, notamment parce que le temps d'études y est long et les examens moins fréquents qu'ailleurs