Les courbes de croissance d'un projet (1)

Le beurdone montre la décroissance du reste à faire tandis que le burnup montre la croissance de ce qui est fait (et à faire).

Le beurdone introduit par Scrum représente un moyen nouveau et intéressant de montrer l'avancement d'un projet. Cependant il souffre de 2 inconvénients :

  • il ne montre pas l'évolution du périmètre
  • il ne montre pas le débit

Les différentes courbes de croissance que je vais présenter permettent d'offrir ces indicateurs importants.

Dans son aspect le plus simple, un burnup est une courbe de croissance de ce qui a été fait. burnup1.jpg

La courbe montre le cumul de ce qui est fini. Pour visualiser aussi ce qui reste à faire, comme avec le beurdone, il faut ajouter une deuxième courbe qui montre le cumul de ce qui est à faire :

Cette nouvelle courbe permet de voir l'évolution de périmètre. Qui est fréquente, puisque c'est même le principe même des méthodes agiles que de répondre au changement. La zone entre les 2 courbes montre le reste à faire. Avec Scrum, le reste à faire, c'est qui est contenu dans le backlog.

Ce type de graphe peut s'utiliser quelle que soit la technique pour identifier les éléments servant à mesurer : fonctions, use-cases, user stories. Cela pourrait même s'appliquer aux tâches d'une itération.

Dans un billet suivant sur le même sujet, je vais présenter comment en se servant des états des éléments on peut obtenir des indicateurs extrêmement intéressants sur le débit moyen pour finir un élément.

Commentaires

1. Le mardi 12 juin 2007, 14:09 par Matthieu

Bonne idée ce beurneupe, car c'est vrai que le beurdone ne reflète pas forcément la performance de l'équipe.


Ca me fait penser aux primes sur résultat qu'on distribue chez nous tous les quadrimestres : il y a d'un côté un système de notation des gens en points sur un certain nombre de critères, et de l'autre une somme d'argent à distribuer qui dépend des bénéfices de l'entreprise.
Une fois que tout le monde est noté on divise la somme disponible par le nombre de points attribués, on obtient la valeur du point, et donc le montant de la prime de chacun.
Sur le principe c'est pas mal, mais en pratique comme nous sommes dans une grosse structure la somme à distribuer peut fluctuer pas mal d'un quadrimestre à l'autre, et pour des raisons qui échappent à notre contrôle : résultats d'ensemble des entités avec lesquelles nous travaillons, sommes provisionnées en début d'année en cas de coup dur et relâchées en fin d'année si c'est ok,...
En pratique on se retrouve à devoir expliquer à des gens qu'il ont mieux bossé que le quadrimestre précédent mais qu'ils ont quand même moins de prime parce la valeur du point a baissé, ou au contraire qu'ils ont une meilleure prime que le quadrimestre précédent mais en fait la qualité de leur travail a baissé et ils ont juste bénéficié d'une remontée de la valeur du point.
En fait le truc c'est qu'il ne faut pas comparer la prime de quelqu'un d'un quadrimestre à l'autre, ça n'a pas de signification. Par contre on peut comparer la notation d'une personne d'un quadrimestre à l'autre, ou alors les primes (ou les notations, c'est pareil) de plusieurs personnes sur le même quadrimestre.

Le beurdone c'est un peu pareil : il peut avoir une apparence décevante si le périmètre augmente, même si l'équipe travaille très bien, ou au contraire avoir une apparence flatteuse grâce à une réduction de périmètre, alors qu'en fait l'équipe n'est pas très productive.
On peut s'en servir pour visualiser le reste à faire, mais il ne faut pas chercher à en tirer autre chose.
Et encore, même pour le reste à faire le beurneupe est mieux car chacune de ses 2 courbes correspond à une notion bien concrète (productivité de l'équipe d'un côté et évolution du périmètre de l'autre), alors que celle du beurdone est la combinaison des 2 et correspond donc à quelque chose d'abstrait, de beaucoup moins palpable.

vive le beurneupe ! ;o)