La 3ème question

Lors du scrum quotidien il y a 3 questions.

Les 2 premières sont simples, il s'agit de dire ce qu'on a fait et ce qu'on va faire. La troisième question c'est un peu plus délicat. Officiellement et en anglais[1], c'est

What impedes you from performing your work as effectively as possible?

En français, cela donne :

Qu'est-ce qui te[2] gêne pour réaliser ton travail aussi efficacement que possible ?

L'objectif de cette question est l'identification des problèmes [3].

Dans la pratique, les réponses ne viennent aussi facilement qu'avec les 2 premières questions. Le plus souvent les problèmes mentionnés ont déjà été rencontrés : la personne pense à ce qui l'a gêné dans les tâches qu'elle a faites. Il est plus difficile d'identifier des problèmes potentiels, c'est à dire qui pourraient gêner les tâches à faire. Comme souvent, il est plus naturel de faire du curatif que du préventif.

Cette troisième question est pourtant un aspect important de ce qu'on appelle la maîtrise des risques. J'ai déjà évoqué la façon dont les méthodes Agiles prenaient en compte les risques techniques. Un problème potentiel correspond à un risque non technique. Essayer d'identifier les problèmes qui peuvent gêner le travail à venir, c'est l'autre volet de la maîtrise des risques avec Scrum.

C'est beaucoup plus concret que l'élaboration classique d'une liste des risques dans laquelle on retrouve souvent des risques vagues comme :

  • difficulté à communiquer avec le client

Un risque identifié avec cette 3ème question sera formulé plus précisément comme :

  • j'ai proposé 2 façons de procéder pour l'arrangement des boutons sur la fenêtre de validation de l'histoire d'utilisateur xxx et j'attends toujours la réponse du product owner.

Ce qui rend la résolution plus facile...

Notes

[1] Ken Schwaber dans son livre Agile Project Management with Scrum

[2] vous dans les équipes où on ne se tutoie pas, mais je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup

[3] impediment, voir le glossaire Scrum

Commentaires

1. Le vendredi 27 juillet 2007, 00:01 par jc-QualityStreet

Je suis d'accord avec vous Claude sur l'importance de cette troisième question notamment pour l'identification des problèmes; j'ajouterai qu'elle donne à l'équipe le sentiment de pouvoir compter sur son chef de projet pour justement empêcher tout évenenement exterieur de venir entraver la bonne marche de ses activités.

Scott Berkun parle d'un chef de projet "Blocker", esprit Football Americain, (la citation exacte dans ce billet: www.qualitystreet.fr/?200... ); et je trouve ça plutôt pas mal.

Encore faut-il que l'organisation laisse au chef de projet les moyens d'exercer ce nouveau rôle .... car quel est son poids face à "l'organisation" qui vient lui prendre d'un seul coup telle ou telle ressource pour de la maintenance ou pour un client x qui a un besoin ponctuel qu'on doit satisfaire ....