Vocabulaire imprécis

Entrer dans le domaine de l'Agilité implique d'acquérir un nouveau vocabulaire. C'est vrai en particulier avec Scrum et ses métaphores sportives (sprint, mêlée). Comme la plupart des termes viennent de l'anglais, le vocabulaire subit les aléas liés à la traduction. Ou à la non traduction si on garde le mot anglais.

Pour ne pas ajouter à ces difficultés de communication, il convient d'utiliser le bon vocabulaire. Lors de présentations ou de discussions, j'ai relevé des mots ou des expressions, qu'à mon avis, il vaudrait mieux éviter.

La première est le sprint0(ou itération zéro). J'en ai déjà parlé dans ce billet Sprint Zéro. A l'usage je trouve que c'est une très mauvaise appellation. Dangereuse. Comme je l'ai rappelé dans ma présentation de Scrum à l'Agile Tour, ce n'est pas une appellation officielle. Ken Schwaber parle de phase de Planning & Architecture. Cela n'est pas important en soi, mais ce qu'il faut bien comprendre c'est qu'il s'agit d'une phase différente de la série des sprints ou itérations qui va suivre. Elle est prédictive alors que la phase des sprints est empirique, le but n'est pas de produire un incrément de produit comme pour chaque sprint. Le risque avec sprint0 est que cette distinction ne soit pas perçue et que cette phase préparatoire soit négligée.

La seconde expression que je trouve incorrecte est utilisée lors de la planification de l'itération. J'entends : il faut décomposer une user story en tâches. Non ! On décompose bien une grosse user story (epic) en stories plus petites, mais on ne décompose pas la story en tâches. Ce n'est pas la bonne relation : les tâches toutes ensemble ne représentent pas la story. Il faudrait dire : on identifie les tâches permettant de réaliser la story. Le risque est une confusion entre une story, qui apporte de la valeur, et une tâche, qui est un morceau du travail à faire par l'équipe.

J'entends dire aussi que le backlog de produit est une liste de stories. C'est un raccourci qui peut être trompeur. En fait le backlog contient des éléments, dont certains peuvent être identifiés avec la technique des user stories. L'usage de cette technique est optionnel, même si je le recommande tout à fait. Et même si on l'utilise, tous les éléments du backlog ne sont pas des stories. On peut y trouver aussi :

  • des bugs ou demandes d'évolution
  • des spikes
  • des "exigences" de qualité, parfois appelées des stories non fonctionnelles
  • des actions de réduction des risques

En pensant au backlog comme une liste de stories, le risque est d'oublier les autres éléments qui ont pourtant de bonnes raisons d'avoir une grande priorité.

Ne pas utiliser les mots corrects augmente le risque d'être mal compris.

Commentaires

1. Le lundi 10 novembre 2008, 13:35 par ehsavoie

En qualité de joyeux traducteur j'adore ces articles concernant le vocabulaire car c'est tout le problème de traduire et de conserver une cohérence avec les autres 'articles' dans ce monde essentiellement anglo-saxon.
Emmanuel