L'architectus oryzus, une espèce à protéger

J'ai fait du latin dans ma jeunesse...

Dans son célèbre article Who needs an architect?, Martin Fowler distingue l'architectus reloadus et l'architectus oryzus :

  • Le premier prend les décisions importantes, souvent très tôt, et les fait appliquer.
  • L'architectus oryzus est un expert aussi, mais plus investi dans le projet. Il collabore intensivement avec le reste de l'équipe, il met les mains dans le cambouis quand c'est nécessaire. Il agit plus comme guide et médiateur.

Dans la vie de tous les jours sur un projet, un arch. oryzus est extrêmement utile. Il est pratiquement indispensable pour les équipes qui démarrent. C'est lui qui fournit la colle technique et permet d'améliorer les compétences de l'équipe.

Sur un projet que je conseille actuellement, le manque de architectus oryzus a été identifié comme le risque majeur. Sans guide pour les choses importantes, l'équipe peut s'engager sur de mauvaises pistes. L'absence de fortes compétences techniques empêche aussi les tentatives d'estimation et de planification d'aboutir. Il y a bien eu un architectus reloadus qui a pris une décision au début du projet mais il est parti depuis longtemps. Cette situation représente l'anti-pattern de l'architecture évolutive.

Dans un autre domaine, sur les projets que je mène avec les étudiants, on se trouve aussi dans une situation où, au départ, il n'y a pas d'architectus oryzus. J'essaie de réduire le problème en faisant intervenir des étudiants des années précédentes au début, puis en espérant l'émergence naturelle d'un architectus oryzus parmi l'équipe, dont je favoriserai la promotion. Si en plus il peut aussi jouer le rôle de reloadus, c'est gagné. L'année dernière ça a marché comme ça.

Commentaires

1. Le mercredi 19 novembre 2008, 00:18 par Oaz

En plus, n'est pas architecte qui veut.
J'ai le souvenir d'un projet où un membre de l'équipe s'imaginait bien en référent technique incontournable, une sorte de reloadus et ozyrus réunis. Le problème c'est que, agilité aidant, la communication entre membres de l'équipe et la propriété collective de code ont été si bonnes que l'architecte putatif n'a pas pu masquer ses faiblesses et a bien vite été considéré comme obsolète.