Du mou pour les impondérables

La pratique agile du jour : garder un peu de mou dans les plans.

Même si on a fait une analyse des risques et mis en place une stratégie de réduction, des impondérables surviennent toujours sur un projet. Un impondérable (impediment) a pour effet de bloquer ou ralentir une ou plusieurs tâches en cours.
Pour empêcher ces impondérables de remettre en cause les engagements, il faut se garder du mou lorsqu'on planifie (c'est d'ailleurs aussi une stratégie de réduction des risques).
Dans la planification d'un sprint, le mou, c'est du temps qui reste disponible pour pallier les impondérables. Concrètement le mou est la différence entre le temps total en tenant compte des ressources de l'équipe et le total des heures associées aux tâches du sprint lors de la réunion de planification.
Pour une planification de release à date fixée, le mou consiste en des éléments du backlog de produit (des stories) sur lesquelles l'équipe ne peut pas s'engager, compte tenu de l'incertitude sur les impondérables et sur ses estimations. Une bonne définition des priorités permet de mettre dans cette zone tampon du backlog des choses qui ne sont pas indispensables.
Si la release est à périmètre fixé, le mou c'est du délai, par exemple un sprint supplémentaire.

Dans la vie de tous les jours on prend du mou. Hier j'avais un déplacement à Castres. 70 kms en passant par des petites routes. On peut se traîner derrière un camion sur des kilomètres. En plus je ne connaissais pas l'endroit exact du rendez-vous. J'ai donc pris un quart d'heure de mou par rapport à la durée (estimée ! ) annoncée par ViaMichelin.
J'ai bien eu un peu de camions avant d'arriver à Revel, mais je n'avais pas consommé mon mou. Juste avant d'arriver à Soual, mon tableau de bord m'annonce panne d'injection et un gros stop rouge m'enjoint de m'arrêter derechef. J'ai bien essayé de continuer quand même pensant à mon rendez-vous, mais ma voiture en a décidé autrement. Un hoquet et puis plus rien, j'avais beau appuyer comme un malade sur l'accélérateur. Il a même fallu que je la pousse sur le bas côté. Assistance, dépannage, rapatriement. Dans cet exemple mon mou n'a pas été suffisant pour arriver à l'heure. Mais suffisant quand même pour que les personnes qui m'attendaient soient encore là quand je suis arrivé. J'ai pu tenir mon engagement.

Commentaires

1. Le jeudi 27 novembre 2008, 22:21 par bal

L'histoire ne dit pas que les personnes ne t'auraient pas attendu si tu n'avais pas pris de mou ! ;-) Une question alors se pose : qu'est-ce qu'il fait qu'elles t'ont attendu ?

2. Le vendredi 28 novembre 2008, 10:52 par JM.D

Est-ce qu'il n'y aurait pas comme une espèce de malédiction avec les voitures sur ce projet ?
Est-il est possible d'enfoncer des aiguilles dans des "Majorette" pour provoquer des pannes ???

3. Le mardi 02 décembre 2008, 11:01 par Ehsavoie

Cette notion de 'slack' est d'ailleurs présente dans le Lean si on reprend l'exemple Nummi de Poppendieck, où la productivité augmente alors que le temps donné à l'ouvrier pour réaliser l'opération de la chaine de montage augmente.
Sans oublier que l'informaticien est par nature optimiste (surtout s'il n'est pas sous Windows ;o) ).