Affiner c’est mieux que groumer

Vendredi toute la journée, mes interlocuteurs ont parlé de grooming.

C’est ainsi qu’ils nomment la discussion sur le backlog, en vue de le préparer, que j’appelle -j'appelais- la revue de backlog.

Ce n’est pas un mot qu’ils ont inventé. C’est moi qui les ai formés. Dans le petit guide Scrum de Schwaber & Sutherland, dans la version 2011, et probablement avant, c’était le terme employé. J’ai dû leur dire et c’est devenu une habitude.

Moi, je l’ai d’abord traduit par bichonner. C’est vrai ! la preuve : le PO bichonne son backlog.

Ensuite je suis passé au PO qui cultive son backlog et j’ai parlé de culture de backlog et de bac de culture. Ce sont ces termes que j’utilise dans l’édition 3 de mon livre, chapitre 5.

Bac de culutre

Force est de constater que ce n’est pas terrible. Le mot culture est maintenant utilisé en agilité, on parle beaucoup de culture d’organisation. Cultiver son backlog peut certes contribuer à changer la culture d’organisation, mais il ne s’agit pas de la même culture.

Entre temps, dans le petit guide Scrum de 2013, grooming est devenu refinement.

Mais mes scrumeurs continuent à dire grooming, c'est rentré dans leur jargon (qui est fleuri). Ils vont même beaucoup plus loin, puisqu’ils ont créé le verbe groomer. Et par extension ils l’appliquent aux stories et autres éléments d’un backlog. Ça donne des horreurs du genre : On a encore ces stories à groomer. Ou bien lors de la rétrospective : Il faut qu’on groome un peu mieux. C'est amusant le franglais et ça ne m'agace plus trop. Mais groumer c'est du (vieux) français qui signifie grogner…

Je sens bien que ma culture (de backlog) ne va pas passer. Alors je change officiellement : puisque refinement est le terme officiel en anglais, je vais utiliser sa traduction.
Attention, pas raffinement ! Pour avoir des backlogs raffinés, il faudrait des très jolis post-it.

Non, la bonne traduction est affinage, du verbe affiner. Donc maintenant je ne cultive plus mon backlog, je l’affine. Je ne vais plus en revue de backlog, je vais en meeting d’affinage de backlog (MAB).

Affinage, va falloir que je demande un nouveau dessin à Patrice, avec des fromages…

Commentaires

1. Le dimanche 23 novembre 2014, 11:03 par Roberto_C

Mon cher Claude, pour le coup, le « refine » anglais est plus puissant
que notre français s’agissant du bac de culture car il contient : affiner, épurer, améliorer et tout ca. Ce qui est tout ce que tu veux dire je crois. Maintenant il faut reconnaître que « refeïner les stories » ca claque moins que « groomer les stories » je les comprends. Sauf que groomer c’est toiletter n’est ce pas ? En fait selon moi le terme anglais plus adéquat était certainement Cleanse (CLINTSE) pas clean up hein ? c’est un mot (un verbe en fait) qui est connu en dermato et donc que je connais. C’est la notion (lotion en fait ;-) de nettoyage ET purification. Il aurait fallu tuer la rebellion dans l’œuf en proposant « Cleanser les stories » ca claque bien aussi et nul doute que certains acnéiques (sauf leur respect) de tes interlocuteurs auraient vite vu le gain sémantique par rapport à groomer. Bisous et God bless Ozzy.

2. Le lundi 24 novembre 2014, 11:53 par Addinquy

Venant d'un pays de fromages, je ne peux qu'approuver "affiner". Je ne sais pas si c'est le meilleur terme, mais il est de toute façon mieux que "groomer".
La métaphore de la culture m'embêter aussi un peu : elle donne l'impression qu'il suffit de bêcher et que ça va pousser tout seul ! De même l'utilisation de "murir" me donne de l'urticaire. On a l'impression qu'il suffit de s'assoir en bas de l'arbre et d'attendre le fruit tomber !
Pour ce qui est de "raffiner", une petite anecdote : j'avais à une époque un praticien de la calligraphie dans une de mes équipes. Il rédigeait en séance des post-it avec ses plumes de calligraphie ! Autant dire que notre Scrum Board (que je n'ai hélas jamais pris en photo) avait une allure surréaliste !