Arrêt sur retours d'expérience

La journée sur les méthodes agiles organisée par le CCT du Cnes a fait la part belle aux retours d'expérience. Les 200 personnes qui assistaient à ce séminaire, dont l'accroche était "Vraie rupture ou effet de mode ?", ont pu se rendre compte de la diversité des mises en œuvre.

Depuis 6 ans, j'ai assisté à des tas de retours d'expérience. Nous en avons organisés beaucoup avec la SigmaT, devenue Agile Toulouse. J'aurais pu être blasé. Mais non, j'ai beaucoup aimé les retours d'expérience présentés hier. Pleins de fraîcheur et d'enthousiasme et empreints de pragmatisme chez les orateurs.

Cependant, et c'est bien naturel avec la diversité des présentations, j'ai trouvé quelques parties discutables, par rapport aux fondamentaux que j'ai présentés en introduction.

Le titre du billet m'est inspiré de l'excellent site Arrêt sur images auquel je suis abonné. Voici mon décryptage.

Les ressources et le nano-management

J'ai entendu parler de ressources pour parler des hommes et des femmes qui travaillent dans une équipe. Au-delà du vocabulaire, cela dénote d'un état d'esprit pas très humaniste. On préférera terme développeur, au sens large de quelqu'un qui participe à un développement.

De plus quand ces "ressources" sont soumises à un relevé du temps passé sur des tâches microscopiques (nanoscopiques !), cela va à l'encontre d'un principe essentiel : l'auto-organisation.

Sur ce sujet, on peut lire ou relire :

La productivité et le ROI

Je comprends bien que pour rassurer sa hiérarchie, on cherche à fournir des chiffres sur des indicateurs que des managers réclament. Mais sortir des chiffres sur la productivité et le ROI, c'est terriblement sujet à caution. Au mieux les explications sur le calcul sont très discutables, au pire la façon d'obtenir le chiffre n'est pas donnée.

Sur ce sujet, on peut lire ou relire :

Adapter l'agilité au contexte

Tous les projets sont différents, c'est ce qu'ont bien montré les retours d'expérience. Des pratiques agiles ont été mises en œuvre de manière différente (un exemple typique est le tableau pour le suivi du sprint), certaines pratiques n'ont pas été appliquées dans tous les projets présentés (par exemple le niko-niko tiens).

On peut même dire que l'agilité doit s'adapter au processus actuel ; dans une phase de transition, c'est de la conduite du changement.

Cependant, je pense qu'il faut savoir dire non quand le "processus actuel" contraint à des pratiques qui ont fait la preuve de leur inefficacité.

Les retours d'expérience d'hier (et pleins d'autres) ont mis en avant les bénéfices de l'équipe co-localisée avec tout le monde sur le même plateau. Alors pourquoi essayer quand même de faire de l'agile "ex situ" et en offshore ?

Pareil pour le contrat au forfait.

Sortons du cadre.

Commentaires

1. Le mercredi 28 mars 2012, 10:42 par Gaston

Salut Claude,
Je comprends tes remarques sur les chiffres, le ROI, la colocalisation et le forfait agile... Mais que faire ? Tout cela m'est imposé, je ne peux faire sans! Je préfère mille fois réaliser mes projets avec ces limites (quitte à faire du Scrum but...) plutot que de revenir à une pratique en "V".
Bye Gaston