Changes

J'avais regardé mercredi dernier le documentaire Bowie, l'homme 100 visages ou le fantôme d'Hérouville sur France4 et cela avait réveillé en moi l'envie de réécouter du Bowie.

À vrai dire, je n'en écoutais plus beaucoup et quand c'était le cas, surtout des titres datant de plus de 40 ans. Mais comme on annonçait la sortie d'un nouvel album, je me suis laissé tenter. J'ai pris beaucoup de plaisir ce week-end en écoutant plusieurs fois Black Star. En plus c'était son anniversaire vendredi, on en parlait. Bref, c'était un peu ma semaine Bowie, le retour.

Alors, quand ce lundi matin, au moment de partir animer une planification de sprint chez Airbus, ma femme m'a annoncé que David Bowie était mort, je fus sidéré.

Bowie, je l'ai adoré entre 72 et 74. Fan absolu, je suis même allé jusqu'à me mettre du vernis à ongles (une couleur pour chaque doigt) et du mascara piqués à ma sœur pour ressembler à mon idole (ce qui n'a pas suffi à la ressemblance, mais a largement suffi à m'attirer des sarcasmes).

hunkydory.jpg J'avais découvert l'album Hunky Dory début 72. Un choc émotionnel et un changement, car j'étais plutôt Deep Purple (In Rock) et Led Zeppelin (IV) en 1971. À l'époque, pas de Spotify, c'était un 33 tours tous les 2 mois, au mieux, que je pouvais acheter. J'avais lu une critique d'Hunky Dory dans Rock&Folk et écouté 3 morceaux, dont Changes, à la Fnac Nancy (on n'avait pas droit à plus) avant de me décider à l'acquérir.

Un album envoutant, plus pop que rock, qui m'a bercé pendant quelques mois. Le suivant c'était Ziggy, sorti très vite après. J'avais réussi à le faire acheter par le club discothèque de la cité universitaire de la Haute-Malgrange. On pouvait écouter de la pop, en jouant au tarot, dans la petite salle qui nous était accordée. Mal insonorisée, à côté des douches, c'est pourtant là que j'ai découvert Starman et Rock'n roll suicide.

Pendant cette période glam, j'ai réussi à voir Roxy Music sur scène. Malheureusement, Bowie n'est jamais passé par Nancy.

Aladdin Sane, je l'ai acheté moi-même, sans hésiter. J'avais de l'argent de poche. Bowie était devenu célèbre. The Jean Genie passait dans les boums étudiant. J'ai encore un peu écouté Diamond Dogs mais c'était la fin de ma période Bowie. Place au progressive-rock (avec Peter Hammill, un autre anglais avec beaucoup de classe), avant la new-wave, une sorte de retour à Bowie qui l'a largement inspirée.

Tchu tchu tchu Changes. Bowie a toujours changé. Il n'avait pas peur de se remettre en question, de s'imprégner de nouvelles influences, d'essayer de nouvelles voies. Le mot qui me vient à l'esprit en pensant à son œuvre, c'est un buzzword d'aujourd'hui : disruptif.