Estimation en points

Dans ma formation de la semaine dernière, il y avait un peu plus de la moitié des participants qui pratiquaient déjà Scrum, plus ou moins. Mais au moment de parler de planification de release agile, quand je leur ai posé la question "Estimez-vous en points ?", il s'est avéré que leurs estimations se faisaient plutôt en jours.

Certains avaient essayé les points et avaient abandonné devant les nombreuses réticences de leurs équipes.

J'espère les avoir convaincus de l'intérêt des estimations en points. Comme la plus grande résistance se situe sur la façon d'estimer, je leur ai proposé un atelier d'estimation (qui n'était pas du planning poker) qui a montré qu'on pouvait estimer assez vite un backlog (environ 30 minutes pour 30 éléments dans le backlog), sans se poser une fois la question des hommes-jour.

Tiens, spécialement pour eux et comme la saison des randos va reprendre, je publie à nouveau un billet que j'avais écrit il y a 4 ans après quelques jours en montagne.


Sur un panneau indicateur d'une route, on trouve la distance (en kms) associée au lieu (par exemple, Toulouse 10). En montagne sur les chemins de randonnée, c'est la durée qui est affichée. Pourquoi ?

Col au Taureau

Les indications associées à un lieu sont affichées en minutes sur les sentiers de montagne (par exemple Lac de Vogealle 1h10). Il s'agit donc de durée, en l'occurrence d'une estimation de durée idéale.
Pourquoi ne met-on pas la distance, comme sur les panneaux routiers ? Probablement parce qu'en montagne, la vitesse n'est pas la même dans les montées que dans les descentes (en moyenne un marcheur fait dans une heure 300-350 mètres de dénivelé en montant et 400-450 en descendant). La vitesse dépend également de la nature du sol (les pierriers et les lapiaz ralentissent le rythme) et de la météo. Et des arrêts pendant le trajet (pour boire, pour pisser, pour prendre des photos...)
Cependant, sauf coïncidence, un randonneur ne mettra pas le temps indiqué sur le panneau.

  • Comment est-calculée cette durée idéale ? Est-ce qu'on dispose d'un randonneur étalon qui passe dans tous les chemins ?
  • Est-ce qu'on a effectivement mesuré la durée du parcours avec plusieurs personnes et fait une moyenne ?
  • Est-ce qu'on a calculé la durée en fonction du dénivelé ? Est-ce qu'il existe une façon unique d'estimer pour tous les massifs montagneux ?

Mystère.

Alors en quoi cette indication est utile ?

On peut l'utiliser pour s'étalonner. Lors du premier tronçon, on mesure par rapport à cette durée idéale ce qui permet d'en tenir compte pour les tronçons suivants. Par exemple si c'était indiqué 1h et qu'on a mis 1h12, on peut en déduire qu'on va 20% moins vite et en tenir compte pour la suite de la randonnée.
Mais mon opinion est qu'il serait bien préférable d'indiquer la distance et surtout le dénivelé (par exemple, Lac de Vogealle 2,9 kms, 450 m de dénivelé en descente) et laisser les randonneurs estimer eux-mêmes la durée.

On peut faire le rapprochement avec la planification de release, pour laquelle je conseille d'estimer la taille (en points) et de déduire la durée en fonction de la vélocité. Ou, dans le cas d'une release à date fixée, d'en déduire le contenu.

Commentaires

1. Le mardi 27 juillet 2010, 19:51 par bruno

Pour un des projets que je suis, le product owner préfère voir le nombre de user story réalisées par sprints. Pour lui le reste est du "gaspillage" (au sens du lean). Du coup la vélocité est calculée en user-story. Ce n'est pas optimum pour moi, mais c'est son point de vu .... L'estimation en points même si elle est faite, n'est pas très utilisée

C'est une option possible de se baser simplement sur le nombre de stories plutôt que de les estimer individuellement. D'ailleurs ce sera possible dans la prochaine version d'iceScrum