Grenoble est agile, partie 1

Excellente journée hier à la conférence Agile Grenoble, qui est devenue la référence en France, à la fois par la quantité et par la qualité. Une très bonne organisation du CARA.

J’avais choisi à l'avance les sessions auxquelles je voulais participer. J’ai réussi à y assister (parfois cela été limite, les salles étant vite remplies) et je n'ai pas été déçu de mon choix.

Offre agile pour survivre dans la jungle économique

J’ai commencé en allant écouter l'auteur du livre Le Manager agile. L'agilité dont il est question n'est pas celle qui vient des méthodes agiles comme Scrum ou XP. Jérôme Barrand nous parle de management, sans lien avec le développement de logiciel.

J'ai pourtant trouvé une grande affinité entre nos discours et d'ailleurs Jérôme a souvent fait le rapprochement avec ce que j'avais présenté juste avant. Notre définition de l'agilité est très voisine.

Je reprends quelques formules qui m'ont marqué (et que j'ai tweetées)

  • Nous vivons la montée de la conscience de la finitude, et de la complexité.
  • Ne pas confondre individualisme et individualité.
  • Passer de l'accumulation à la quête de sens.
  • La complexité impose la coopération. En plus de co-opérer, il faut pro-opérer.
  • L'offshore-isation est un suicide collectif. (la plus retweetée !)
  • Entreprise Agile : c'est la fin de la relation client-fournisseur; c'est le temps de la réciprocité, avec des relations client-client (une variante du gagnant-gagnant).

L'équipe auto-organisée

J’ai continué par le quatuor Annesci qui a montré en musique comment se construit une équipe auto-organisée.

Au début chacun fait de son mieux ce qu’il sait faire, ensuite le groupe se constitue en se synchronisant. Une fois que le groupe existe, chacun peut à nouveau s’exprimer en prenant des initiatives.

Quatuor Annesci à Agile GrenobleTout ça montré en musique : on a écouté du Vivaldi, du Mozart, du Godounov, du Dvořák (ah, du Dvořák c'était le plus beau morceau de mon point de vue) et du Piazzola.

Y a pas que le rock’n roll dans la vie... [1]

On retrouve dans la progression du quatuor à cordes vers l'auto-organisation les phases du modèle de Tuckman que j'avais évoqué dans un très ancien billet et que mon camarade de blog JC détaille en ce moment.

D'autres notions dans la vie du quatuor qu'on retrouve dans notre agilité :

  • Il n’y a pas de chef.
  • L'équipe est stable (avec des années en commun, seule la violoncelliste a changé il y a un an et demi).
  • La sollicitation de conseils à l’extérieur (quatuor Amadeus).
  • Vers l'unité il faut d'abord écouter l'autre.
  • Comprendre ce que le compositeur a voulu dire. (pour nous c'est comprendre le client)
  • Correction avant que le public s'en aperçoive (ça alors !).
  • Anticipation.
  • Harmonie dans l'unité et la liberté individuelle (ça me rappelle l'intelligence situationnelle au rugby).

Un très bon moment, qui a fini par l'introduction dans le quatuor d'un volontaire venant de l'assistance qui les a dirigés pendant quelques minutes (un chef de projet, avec une baguette). Parmi les 3 qui se sont succédé, voici Benoît (le jardinier qui cultive son code) :

Le quatuor avec un guide improvisé

Quand l'équipe est bonne, même avec un chef, mmmmh disons moyen, elle arrive à produire du son. Mais c'est mieux sans.

Dans mon prochain billet, je raconte mes sessions de l'après-midi.

Notes

[1] Mais j’imagine qu’on pourrait avoir le même type de session avec un groupe de rock au lieu du quatuor à cordes.

Commentaires

1. Le mercredi 24 novembre 2010, 22:52 par erilem

Merci pour ce post et pour les keynotes "petit scrum illustré". Est-ce que votre présentation est-elle accessible en ligne ?

Oui, la présentation est en ligne, attachée au billet précédent ou dans l'onglet Présentations.
2. Le jeudi 25 novembre 2010, 21:35 par Benoit (Jardinier)

Comment ça 'moyen' le chef?? Les trois étaient très bien! :p