Le rôle de partie prenante

Les trois rôles qu'on trouve dans une équipe Scrum sont maintenant bien connus. Par contre, le rôle de partie prenante l'est beaucoup moins, alors que de nombreuses difficultés dans la mise en œuvre de Scrum y sont relatives.

Une partie prenante est une personne qui est intéressée par le résultat obtenu par l'équipe.

Ce sont des utilisateurs, des clients mais aussi des sponsors, des représentants des utilisateurs, des gens du marketing ou du commerce, des managers, des personnes impliquées dans l’infrastructure, dans la qualité, des membres d'autres équipes, etc.

Un chercheur universitaire américain, Ronald K. Mitchell, a défini des attributs permettant de qualifier des parties prenantes (dans les organisations) :

  • le pouvoir, capacité à imposer sa volonté,
  • l'urgence, conviction personnelle que sa demande est pressante,
  • la légitimité reconnue, appréciation, par les autres, des compétences et de l’action.

C'est la grille de Mitchell.

Grille de Mitchell Un dessin de Patrice Courtiade pour l'édition 5 de mon livre Scrum

Une personne peut posséder plusieurs attributs, c'est ce qui caractérise son importance en tant que partie prenante.

Dans le cadre Scrum, si elle n'est pas dans l'équipe, une partie prenante fait partie de l'écosystème. Sa participation à la revue de sprint constitue l'échange avec l'équipe le plus connu, il permet d'alimenter la boucle de feedback. Cependant ce serait réducteur de ne voir le rôle de partie prenante qu'à travers la revue.

Pour favoriser la viabilité et la résilience de l'écosystème Scrum, on s'intéressera aux relations entre membres de l'équipe et parties prenantes et on s'efforcera de :

  • réduire les relations de pouvoir et d'urgence,
  • favoriser les échanges avec les parties prenantes ayant des compétences à partager.

Ce sont des idées que je développe dans l'édition 5. Elles s'appuient notamment sur le principe n°11 de la permaculture "valoriser l'effet bordure".