Observer et interagir

La permaculture a le vent en poupe. Chez les agilistes aussi.

Deux événements organisés par l'association Agile Toulouse en témoignent :

De mon côté, la permaculture aura une bonne place dans les nouveautés de mon édition 5 de Scrum. Nous en parlerons le 25 mai lors de Sea, Scrum and Sun.

Pour préparer la soirée du 21 mars, je propose une réflexion sur les principes de la permaculture, tels qu'ils sont énoncés dans l'article de David Holmgren. Commençons par le premier.

Principe 1 : Observer et interagir

À qui s'adressent ces recommandations ? Je pense que c'est à ceux qui font le design en permaculture. Les principes de David Holmgren sont appelés principes de design, et dans les formations à la permaculture, le design prend une place importante.

Si on transpose à l'agilité, observer et interagir s'adresse d'abord à l'équipe Scrum. En permaculture agricole, la conception de l'espace (le design) détermine ce qui va être produit (les résultats). En agilité, la conception des produits qu'on va fabriquer est décorrélée de la conception de l'espace de travail, qui a généralement peu d'importance. Sûrement pas assez, c'est pourquoi je propose de reprendre la notion de zones venant de la permaculture.

Donc pour une équipe Scrum, il s'agit d'abord d'observer. Pour faire le bon produit, il faut observer les futurs utilisateurs. Rapprocher les développeurs et les utilisateurs (ou leurs représentants), cela fait partie de ce que préconise l'agilité. Ce que peut nous apporter la permaculture, c'est une meilleure observation de l'espace de travail. Pour bien faire le produit, l'équipe devrait avoir la possibilité d'agencer cet espace à sa convenance.

Observer et interagir. Les interactions entre les gens, c'est au tout début du Manifeste Agile, nous sommes en terrain connu. Ce que met en avant Holmgren dans ce principe, c'est que ce sont l'observation et les interactions entre les gens sur le terrain (dans l'écosystème) qui vont permettre de faire le design, et que celui-ci ne doit pas être imposé par d'autres : "plutôt que … un système préconçu imposé de l'extérieur".

Très bien ! avec Scrum cela se décline sur :

  • le produit, c'est l'équipe qui le conçoit en collaboration avec les parties prenantes, pas un architecte externe tout puissant,
  • le processus, que l'équipe s'approprie par son auto-organisation et améliore régulièrement, plutôt que se voir imposer une façon de travailler.

Le proverbe associé à ce principe est :

la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

En le présentant, David Holmgren fait référence à une notion de systémique, associée à l'approche constructiviste appelée aussi seconde cybernétique : la présence d'un observateur dans le système modifie le système.

On peut le comprendre comme une incitation à l'observation. On peut aussi l'interpréter comme une insistance sur interagir (d'où observer ET interagir) : sans interactions, l'observation ne suffit pas et risque de mener à un résultat inadapté.