Quizz, la question 3 sur le ScrumMaster

La question était la suivante :

Une personne dans l’équipe perturbe les autres. Vous êtes ScrumMaster, comment réagissez-vous ?

Vous aviez le choix entre les réponses suivantes :

  1. Vous la virez de l'équipe, la majorité est d’accord
  2. Vous ne faites rien, il n’y a pas de chef avec Scrum
  3. Vous faites un rapport à la direction
  4. Vous l’invitez à prendre une bière pour lui proposer d’être le ScrumMaster du prochain sprint

Rappel : il s'agit de la 3ème question, sur les 15 qui sont proposées à la fin de l'édition 2 de mon livre et qui sont un extrait des 70 qui font l'objet d'un QCM suivi d'un débat mené le dernier après-midi de mes formations Scrum.

Cette fois, une large majorité parmi les 113 votants s'est dégagée sur la réponse que j'aurai aussi choisie. L

On pouvait procéder par élimination.

Ne rien faire

En fait cela dépend un peu de l'intensité et de la fréquence de la perturbation. Comme cela n'était pas précisé, on pouvait supposer que cela considérait un véritable obstacle. Or si le ScrumMaster n'est effectivement pas un chef, il a comme mission d'éliminer les obstacles qui bloquent ou simplement freinent l'équipe. Ne rien faire, comme l'ont proposé 6,19%, n'est pas dans l'esprit du rôle.

Rapport à la direction

Puisque le ScrumMaster doit faire quelque chose, pourquoi pas un rapport à la direction se sont dit 6,19% des participants au quizz. Mais le ScrumMaster doit d'abord chercher une solution avec l'équipe. Une de ses responsabilités est de l'amener vers plus d'auto-organisation et je doute qu'un rapport à la direction y contribue.

Le virer

Le ScrumMaster n'est pas un chef et l'équipe est autonome, alors comme 15,93% des votants, on pourrait se dire que l'équipe peut décider à la majorité. Mmmmh, avec ce genre de pratique d'exclusion, je pense qu'on est loin des valeurs préconisées. Le ScrumMaster est là pour aider à résoudre les conflits, qui ne manquent pas d'arriver dans les équipes. Il peut même essayer de les anticiper. Si le conflit est avéré, il doit mettre en place les discussions permettant d'en trouver les raisons profondes.

Réponse 4

Pendant longtemps, la réponse 4 de cette question était : le ScrumMaster tente de résoudre le conflit. Comme je trouvais que c'était un peu facile, j'ai changé le texte pour instiller un peu plus de doute. Cela n'a pas empêché 71.68 % de la choisir. La bière est un bon moyen d'établir le climat permettant de remonter aux causes profondes du problème. Lui proposer de devenir ScrumMaster est une façon subtile, mais qui peut être risquée s'il accepte, de responsabiliser le perturbateur. Une approche plus classique que la bière est la discussion franche avec toute l'équipe, lors de la rétrospective par exemple. Mais ce n'était pas parmi les réponses proposées.

Dans un billet récent, Emmanuel Chenu revient sur ses années d'expérience dans ce rôle, qu'il préfère maintenant appeler meneur d'équipe. Meneur, ça se discute, mais ça montre au moins que ce n'est pas un rôle passif.

Commentaires

1. Le samedi 03 septembre 2011, 08:10 par Mathieu

Hum, proposer de l'alcool dans le cadre professionnel, c'est discutable....

"discussion franche avec l'équipe", c'est peut-être violent.

"discussion en tête-à-tête", ca aurait pu être pas mal, non ?

2. Le jeudi 13 octobre 2011, 12:32 par Castor

Lui proposer de devenir ScrumMaster est-il nécessaire ? Une bonne discussion est pour moi suffisante, pourquoi prendre le risque de faire capoter un projet si la personne se comporte de la même manière dans son rôle de Scrum Master ?

3. Le dimanche 06 novembre 2011, 18:28 par Ludo

Personnellement cette situation m'est arrivée.

Nous commencions l'intégration de Scrum au projet sur notre initiative. Nous étions une bonne équipe motivée et j'en étais le ScrumMaster, historiquement, car j'étais officiellement Project/Team Leader.

Une nouvelle personne a rejoint le groupe.
Au bout de quelques mois cette personne est rentrée en conflit subtil avec l'entreprise et décida de trainer les pieds et de démotiver le reste de l'équipe.

Mes réactions :

1- Tête à tête "sympathique".
2- Discussion en revue de sprint.
3- Assignation du rôle de ScrumMaster lors de mon congés à venir pour le responsabiliser et le réintégrer dans le processus de groupe.
3- Tête à tête avec une autre personne influente de l'équipe.
4- Discussion à trois
5- Abandon, rapport à la direction.
6- Exclusion du groupe.

Au final je pense que l'important est d'essayer des solutions des plus subtiles aux plus engageantes. Mais parfois rien n'y fait.
Alors comme un ScrumMaster est comme tous les autres, au bout d'un moment il abandonne avant rentrer en guerre.
Comme ca a été le cas pour moi et comme c'est souvent malheureusement le cas dans les entreprises française, le ScrumMaster est également Team leader et à donc des responsabilité de chef, qu'il essaie bien que mal d'effacer en responsabilisant l'équipe.