Rupture douce : mon cinquième épisode

Titre de l'épisode : bière ou Banyuls ?

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun. Auront-elles beaucoup d'enfants ?


Du pouvoir hiérarchique au pouvoir latéral

Dans la plupart des organisations encore marquées par le taylorisme, le représentant est souvent un chef désigné par le chef de plus haut niveau (les fameux N+1, N+2, ...N+x).

Le taylorisme date de la première révolution industrielle ! Jeremy Rifkin, dans son dernier livre, La troisième révolution industrielle, explique bien que le principe de Taylor était de considérer les gens qui travaillent comme des machines en évitant absolument qu'ils réfléchissent. On se rappellera les Temps Modernes de Chaplin.

Pourtant, le taylorisme survit encore dans de nombreuses organisations, même dans nos métiers de la connaissance. Une preuve est l'utilisation du terme ressources pour parler des gens, des hommes et des femmes qui y travaillent.

À notre époque, le taylorisme et sa hiérarchie pyramidale, et en particulier dans notre domaine des technologies de l’information, c'est mal. Le pouvoir ne peut pas être que réservé au chef qui commande, alors que les subordonnés obéissent. À la place de ce pouvoir du chef, Jeremy Rifkin prône l'avènement du pouvoir latéral, en réseau, pour transformer le monde. Il cite brièvement l’agilité et on retrouve dans ses propositions pour la troisième révolution industrielle le même principe d'auto-organisation.

En lisant Rifkin, en suivant Denning, on se dit que pour nos organisations, une nouvelle gouvernance est non seulement souhaitable, mais nécessaire, sur l’exemple de celle que Damien met en place pour sa PME et qu’il raconte dans son histoire « Des lignes, des courbes, des sphères... une brève histoire de PME Agile » (à lire dans Rupture douce).

Skull & Roses

Avant de passer à la sociocratie sur le terrain, voyons d’autres façons de désigner un représentant dans un groupe, s'il n'est pas imposé par la hiérarchie.

Traditionnellement, le chef était celui qui avait le plus de force ou celui faisant preuve du plus grand courage pour entraîner le groupe vers un objectif. C’est le principe de la horde primitive.

Quand ces communautés durent, le principe de désignation a tendance à évoluer, comme le montre l’histoire suivante.

C'était en mars 2012, à Banyuls, sur la terrasse de l'hôtel où nous étions réunis pour Agile Open Sud. Quand Pablo a sorti la boite de Skull & Roses, l'idée de faire un jeu (pas sérieux) m'avait immédiatement emballé, et aussi Alexis, Antoine, Jean-Baptiste et Christophe.

Revenons à notre désignation de représentant, elle est en rapport avec Skull & Roses. La légende veut que le jeu ait été inventé par une bande de bikers pour désigner leur chef. Auparavant, le chef était celui qui, tiré par une moto avec une bière à la main, revenait avec le plus de bière dans sa chope.

C'était un peu coûteux côté blousons en cuir et peut-être que le lauréat ne possédait pas toujours les qualités requises. Avec la nouvelle formule, les qualités pour gagner sont un peu plus « sociales ». On peut certes bluffer, mais la connaissance des comportements des joueurs est primordiale.

À Agile Open Sud, je me suis fait avoir en retournant le dernier carton que je pensais être une rose et qui m'aurait fait gagner, mais Antoine – dont je connais maintenant la fourberie – avait un Skull.

C’est finalement Pablo qui l’a emporté. Du coup, il est devenu notre représentant pour organiser l’édition 2013.


à suivre....

Dans les prochains épisodes, nous reviendrons sur l'élection sans candidat.