Rupture douce : mon histoire, saison 1 version 2 épisode 1

Titre de l'épisode : Chocolatine à la Pasteline.

La saison 1 de Rupture douce a été publiée début novembre. J'en avais parlé : des histoires connectées.

J'ai été particulièrement fier de contribuer à cet ouvrage collectif. J'y avais été convié par Laurent, suite à ma participation à son atelier du ScrumDay et le billet que j'avais écrit un peu après : Quand l'Agilité rencontre la sociocratie.

Mon sujet était donc la rencontre entre la sociocratie et l'Agilité. Je suis très loin d'être un spécialiste en sociocratie, un petit peu moins loin en agilité, alors j'ai choisi de raconter l'histoire de ma rencontre avec la sociocratie, en partant de la découverte, en poursuivant par l'apprentissage dans les conférences, en continuant par mon appropriation et ma mise en pratique. Ce que j'ai appris, c'est venu progressivement, de mes rencontres avec des gens : Thierry, Frédéric, Laurent, Oana, Pablo, Jeremy, Etienne, Josette... et finalement c'est ce que j'ai raconté.

Cela a donné la première version.

Pendant les vacances, j'ai revu mon histoire. C'était d'abord pour préparer sa traduction en anglais. J'ai aussi tenu compte des feedbacks (je remercie en particulier Antoine, mon relecteur préféré) qui m'ont été donnés. Avec le temps, cela a fait pas mal de modifs qui rendent, en tout cas je l'espère, la lecture plus fluide et le message plus cohérent.

Voici le début de cette deuxième version, que je vous livre sans les illustrations, avec des liens supplémentaires et avec des notes de bas de page adaptées au contexte, dans ce premier épisode :


Ma rencontre avec la sociocratie a commencé doucement, sans rupture, avec un café et une chocolatine.

Enchanter ses clients

La première fois que j’ai entendu parler de sociocratie, c'était en septembre 2011. J'avais pris l'habitude de prendre le petit-déjeuner avec Thierry[1]. Nous nous retrouvions une fois par semaine à la Pasteline, la boulangerie à l’entrée de Castanet, quand on vient de Toulouse.

Une boulangerie qui fait café ? Ben oui.

À propos de boulangerie, je saisis l’occasion, avant d’aborder la sociocratie, d’évoquer l’Agilité, à travers un de ses principes : satisfaire ses clients[2].

Dans son livre Radical Management, Stephen Denning[3] cite la boulangerie le Mille Épis de Golfe Juan[4], sur la Côte d’Azur.

Adepte du storytelling, il prend l'exemple du bon pain fabriqué par son boulanger pour illustrer son premier principe de management : un produit qui, au-delà de les satisfaire, enchante ses clients.

Eh bien, mon boulanger aussi cherche à enchanter ses clients ! D'abord avec son pain. Puis avec des services, le premier étant de proposer des tables pour prendre le café et ce qui va avec le matin. C’est pas idiot, Denning lui, pour boire son expresso et grignoter la baguette achetée au Mille Épis, doit aller au bar Le Corsaire.

No Scrum no win

Un autre service que j’apprécie à la Pasteline, c'est la mise à disposition des journaux. Cela me donne une autre occasion d’évoquer l’Agilité, à travers la méthode agile la plus populaire : Scrum.

En attendant Thierry – qui est le plus souvent en retard à notre rendez-vous, ce qui entre nous m'arrange – je lis le Midol[5] Pas toujours évident de choper l'exemplaire de papier jaune posé sur le comptoir, avant les autres amateurs de rugby, nombreux dans ce lieu, d'autant plus que le boulanger est sponsor de l'équipe locale, l'Avenir Castanéen[6].

Digression rugby, histoire d’apprendre aux newbies en Scrum que scrum, c’est la mêlée au rugby. La mêlée symbolise l’effort collectif d’une équipe qui développe un produit. Un adage bien connu des connaisseurs du rugby est « no scrum no win » qu’on peut transposer dans nos métiers par « sans une équipe soudée et solidaire, pas de succès ».

Chocolatine à la Pasteline

Posons le Midol et revenons à ce petit-déjeuner avec Thierry. Avant qu’il ne devienne ScrumMaster et disparaisse dans les collines sensuelles du Lauragais entre lesquelles serpente la route qui va de Castanet-Tolosan à Castres, c’était à la Pasteline que nous refaisions le monde, en commençant par celui de l'Agilité. Une fois épuisées nos querelles routinières sur les avantages comparés de Scrum et XP, nous devisions gaiement en échangeant sur les nouvelles tendances[7].

C'est donc là, après mon café et ma chocolatine, que j'ai entendu pour la première fois parler de sociocratie, de la bouche de Thierry.

Malheureusement c’était un jour où il m’avait fallu du temps pour le convaincre que Scrum était bien la méthode agile la plus populaire. Nos petits-déjeuners étant timeboxés, il était déjà l’heure d’aller vaquer. Ma première rencontre avec la sociocratie n’était pas allée bien loin.


... à suivre.
Ma première clé : allez dans les cafés (ou les boulangeries qui font café).

Pour savourer les histoires des autres grenouilles, rendez-vous sur le site de l'Agile Blue Team.

Notes

[1] Thierry Cros, l’Etre Agile, http://www.thierrycros.net/. Depuis quelques semaines, nos petits-déjeuners ont repris, on y parle de Spécifiez agile et des outils du Product Owner.

[2] Premier principe du Manifeste Agile

[3] Dont on parle dans de nombreuses histoires de Rupture douce.

[4] Golfe Juan est un quartier de Vallauris qui se trouve entre Antibes et Cannes. Plutôt chic. C’est peut-être grâce à la vente de ses livres que Denning y séjourne…

[5] C’est le journal du rugby, qui s’appelait autrefois Midi Olympique..

[6] L’équipe joue en Fédérale 1, l’équivalent de la 3ème division, ce qui est tout à fait respectable, après avoir été champion de France Fédérale 2.

[7] Par exemple, transition radicale ou douce ?

Commentaires

1. Le lundi 07 janvier 2013, 21:51 par Bangalaurent

Merci Claude !
C'est toujours aussi savoureux ;)
Vive la boulang' ;)