Rupture douce : mon histoire version 2 épisode 2

Titre de l'épisode : Halo à Grenoble.

Résumé de l'épisode précédent :

À la Pasteline, avec une chocolatine, Thierry me parle de sociocratie. Mais il devient l'heure d'aller vaquer. Je n'en sais pas beaucoup sur le sujet.


La cybernétique

Suffisamment quand même pour éveiller ma curiosité. Une recherche et j'ai vu que la sociocratie avait une page dédiée dans Wikipedia[1]. Très vite, m’apparut la première convergence avec l’Agilité dans le principe d’auto-organisation.

Je découvris les quatre règles de fonctionnement : la prise de décision par consentement, le cercle, le double lien et l’élection sans candidat. J’y lus aussi que la sociocratie avait ses racines en France, chez Auguste Comte, à l'origine du nom, et dans la cybernétique. Ah ?

Il se trouve que je suis diplômé en cybernétique. C'est une des options que proposait mon école d'ingénieur en dernière année. Le mot m'avait beaucoup plu et, même si je ne savais pas très bien ce que cela voulait dire, j'avais choisi cybernétique sans hésiter, plutôt que mécanique des fluides ou science des matériaux.

J’appris donc que le fondateur de la sociocratie, un hollandais méconnu et toujours vivant du nom de Gerard Endenburg, était un cybernéticien. Tiens, un confrère, me dis-je, avec un à priori favorable.

Jeu et enseignement

Cela m'avait titillé et donné envie de connaître des mises en pratique de cette nouvelle méthode de gouvernance.

Alors à Agile Grenoble, en novembre 2011, la plus grande conférence en France sur l’Agilité, j'avais suivi : « Comment rendre nos entreprises Agile » Le mot « sociocratie » n'apparaissait pas explicitement dans la présentation de la session, mais je savais qu'on l’aborderait. L’animateur de la session était un fana des jeux, alors je vais l'appeler FDJ, comme la française, un trigramme qui lui va bien.

Il se trouve que j'avais rencontré FDJ quelques jours auparavant, à Paris, à l'occasion de la journée sur l'enseignement de l’Agilité organisée par l'Institut Agile. Coïncidence, il y avait annoncé qu’il commençait l’enseignement en tant que PAST (Professeur ASsocié à Temps partiel), poste que j’ai tenu pendant 15 ans à l’Université Paul Sabatier de Toulouse[2] et que je venais juste d’arrêter.

À fond dans les jeux, FDJ a réussi à incorporer dans sa session un « Buy a feature »[3] et un bocal à poissons[4]. Plus un tennis-basket, une sorte de « ball point-game » pour les aficionados des jeux, pour lequel il n'a pas lésiné sur les balles.

On utilise beaucoup les jeux dans l’Agilité. Des jeux pour apprendre en s’amusant, dont il est question ici. Aussi des jeux pour favoriser la créativité et l’innovation, dont il est question dans plusieurs histoires de ce livre. On peut même aller jusqu’à réserver une salle pour ces jeux, c’est ce que raconte Oana dans son histoire « Il était une fois la play room », à lire dans Rupture douce.

Allo ? Ola ?

La sociocratie était donc proposée par FDJ comme sujet possible de son atelier ludique.

Avant d'y arriver, il nous a fallu acheter cette « feature » dans un jeu frénétique à 25 personnes. Heureusement j’ai trouvé un complice parmi les participants qui a ramassé vite fait les billets nécessaires pour enlever le morceau.

Alors FDJ nous a raconté comment il essaie d'introduire la sociocratie, plus exactement l’holacratie[5] dans sa société. Quand je dis essaie c'est probablement trop réducteur, car certaines pratiques ont largement dépassé le stade de l'expérimentation.

J'en ai donc appris un peu plus sur le sujet, mais là aussi c'était timeboxé... Comme souvent dans les conférences sur l’Agilité. Ah, ces boites de temps, ce que ça peut être frustrant !

Cependant le débat a pu continuer avec Thierry (le Thierry de la Pasteline) dans la voiture pendant le chemin du retour vers Toulouse. Comme la route est longue, cela nous a donné du temps. Tout au long du voyage, j'ai dit « ola-cratie » au lieu de « allo-cratie ». Pas moyen d'arriver à la prononciation correcte.

Depuis je ne dis plus que sociocratie et ça j'y arrive.

À noter que les américains eux, disent gouvernance dynamique, le terme sociocratie pouvant être connoté comme une forme de socialisme. Ce mot pourrait encore effrayer les managers – et les autres – aux États-Unis…


à suivre...

Ma deuxième clé : participez aux conférences agiles.

Notes

[1] Avec un avertissement quand même : article qui ne cite pas suffisamment ses sources.

[2] Où j’ai enseigné le Génie Logiciel, Scrum et l’Agilité, à l'IUP ISI.

[3] Un des 12 Innovation Games proposés par Luke Hohmann.

[4] Technique de conversation de groupe utilisée dans les conférences (en anglais « fishbowl »).

[5] Une variante de la sociocratie, certains disent une dérive..