Rupture douce : mon histoire version 2 épisode 3

Titre de l'histoire : Quand l'Agilité rencontre la sociocratie.

Titre de l'épisode : ScrumDay Light.

Résumé des épisodes précédents : Une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble ont permis de découvrir la sociocratie. Mais l'Agilité et la sociocratie vont-elles enfin se rencontrer ?


ScrumDay, les travaux pratiques

Il était temps de passer aux travaux pratiques. L’occasion m’en fut donnée avec le ScrumDay qui avait lieu le 31 mars 2012 à Paris. Comme je n’y présentais rien cette année là, j'ai privilégié la participation active :

  • la matinée à jouer à Kanban avec Laurent [1],
  • l'après-midi en atelier sociocratie.

L'atelier s’appelait en fait « Quand la sociocratie rencontre l'agilité ». Il était animé par l'excellent Laurent [2] et le sympathique québécois Gilles Charest, grand spécialiste de la sociocratie[3]. Ce qui me fait dire que la sociocratie est un peu la méthode à Gilles. Bon, je vais essayer de développer des arguments plus convaincants sur les liens entre l’Agilité et la sociocratie...

Laurent et Gilles ont accueilli une trentaine de participants, à avoir choisi, comme moi, cet atelier parmi les nombreuses sessions se déroulant en même temps. Nous nous sommes regroupés par cinq ou six pour expérimenter deux règles de fonctionnement de la sociocratie : la prise de décision par consentement et l'élection sans candidat.

Consentement

Le consentement est une pratique importante de la sociocratie. Voilà en quoi ça consiste : quand il y a une décision à prendre sur un sujet, on écoute les objections de chacun, on en discute collectivement pour tenter de les lever et prendre une décision à laquelle tout le monde consent.

Le sujet proposé était, si je me rappelle bien, une discussion dans une copropriété sur une prise d'électricité utilisée par les gens du voyage. Je me souviens avoir fait partie pendant plusieurs années d’un syndicat de copropriété où je jouais le rôle de secrétaire ; je me dis que la sociocratie aurait été bien utile pour accélérer les prises de décision.

Pour cet exercice sur le consentement, notre groupe a fait preuve d'humanité et a décidé assez rapidement. Cela n'a pas été le cas dans tous les groupes où des objections ont suscité des discussions longues et parfois bruyantes.

Bien que constituée par hasard, il s'est avéré que nous formions une équipe – en sociocratie, on parlerait plutôt de cercle – homogène. M’appuyant sur mes souvenirs d’assemblée générale de copropriété, j’ai bien émis une objection en arguant que les dépenses d’électricité allaient devenir incontrôlables, mais le débat qui a suivi m’a rassuré sur ce point, permettant de la lever.

Attention, le consentement est souvent confondu avec le consensus. Le consensus c'est chercher à ce que tout le monde soit d'accord. En sociocratie, l’objectif est différent. Au lieu de rechercher absolument le oui de tous, on vise l’absence de non pour la prise de décision.

L'élection sans candidat

Après nous avoir présenté les notions de cercle et double lien, les animateurs nous ont demandé de choisir notre représentant au moyen d’une élection sans candidat.

Cela s'est fait en deux temps. À l'issue du premier vote, Oana, la seule fille du groupe, avait trois voix. Les deux autres voix s’étaient portées sur deux personnes différentes. Lors de la discussion sur la justification du vote, les deux qui n'avaient pas voté pour elle s'y sont ralliés. Elle a accepté.

Moi, j'avais voté pour elle du premier coup. Il se trouve que j'avais déjà bu une bière avec elle à la Coupole, où nous nous étions retrouvés, avec quelques agilistes d’Occitanie en déplacement à Paris.

Cette attirance à voter pour quelqu'un de connu, cela peut être une dérive de ce type d’élection. J’y reviendrai plus loin. Mais dans le cas d'Oana, je pense qu’on l'a choisie simplement pour son charisme.

Pour finir la session, nous avons cherché à définir ce que pouvait apporter la sociocratie à l'agilité.


à suivre... dans le prochain épisode : la sociagilité.

Ma deuxième clé (bis) : Allez dans les conférences agiles.

Pour retrouver toutes les histoires de Rupture douce, allez sur le site de l'Agile Blue Team.

Notes

[1] le Laurent M. de l'histoire « L’Agilité, même pas mal », à lire dans Rupture douce

[2] le Laurent S. de « Facilitation Lud’innovante », à lire dans Rupture douce

[3] Gilles Charest est l’auteur de la préface de l'ouvrage Rupture douce.

Commentaires

1. Le dimanche 13 janvier 2013, 08:26 par Yannick AMEUR

Je pense intégrer dans la formation Scrum, la sociocratie dans le déroulement du sprint planning et l'élection du Scrum Master.