Scrum en bouc émissaire

La rançon du succès.

La diffusion de Scrum a connu une croissance très forte ces dernières années. Fatalement ce mouvement amène son lot de personnes mal formées, d'opportunistes qui vendent des compétences au rabais... puis de projets en difficulté. Rien d'étonnant : la transition à Scrum (et à l'agilité en général) demande beaucoup d'efforts et du savoir-faire pour conduire le changement culturel.

En tous cas, c'est le buzz du moment : tous les projets de développement de logiciel ne réussissent pas, même avec Scrum. Ah bon ? Et Scrum serait en cause parce qu'il n'impose pas de pratiques d'ingénierie. Ca fait blablater dans les blogs.

Pourtant, personne de sensé ne dira qu'il faut arrêter de faire des tests quand on passe à Scrum ou ne plus faire d'intégration continue. Au contraire, Scrum pousse à renforcer l'usage de pratiques d'ingénierie de développement.

Comme tous les promoteurs de Scrum et de l'agilité, et peut-être encore plus en tant qu'enseignant en génie logiciel, c'est ce que je défends auprès de mes étudiants et de mes clients : l'excellence technique. Pour y parvenir et éviter le ScrumMou, Emmanuel Chenu fournit une liste de principes et de pratiques utiles. Au passage, je remercie chaleureusement ManU qui participe au côté rock'n roll de mon blog en me dédicaçant Police, après les Clash.

Au-delà du buzz sur "la faute à Scrum", un débat qui me semble bien plus intéressant, c'est celui sur le contexte : impérialisme du contexte ou pilotage par le contexte ?

Commentaires

1. Le lundi 09 février 2009, 12:44 par ManU

C'est pas qu'il faut abandonner les tests et l'intégration continue quand on passe à Scrum, c'est que les projets en difficulté ne les appliquaient déjà pas avant!

Bien sûr et c'est pour ça que l'introduction de Scrum sur des projets comme ça ne doit pas se limiter à faire des sprints et un peu de cérémonial autour. Sur des projets en difficulté à faible maturité d'ingénierie du logiciel, je pense que l'assistance d'un coach externe est indispensable.

D'ailleurs, dans son dernier bouquin (Enterprise and Scrum) Ken Schwaber insiste lourdement et fréquement sur le fait qu'il faut de solides pratiques d'ingéniérie. Il doit en avoir marre d'entendre que la faiblesse de Scrum est l'absence de pratiques techniques.

2. Le mercredi 11 février 2009, 00:25 par thierry.henrio

Ken & Zen
j'ai retenu du csm que zen est un atout pour le scrum master

comment ca le scrum est mou ?

le scrum master a plus d'un tour dans son sac et efface 2 lettres : Ken & Zen => K&Zen (ou même hansei = Inspect and Adapt)

maintenant, faut-il en avoir "marre" pour changer ?

3. Le mercredi 11 février 2009, 00:30 par moussX_the_boss

"Au contraire, Scrum pousse à renforcer l'usage de pratiques d'ingénierie de développement".
Peux tu détailler, je vois pas en quoi?

Par exemple avec la définition de fini, qui pousse, entre autres, à faire des tests.
4. Le mercredi 11 février 2009, 11:03 par moussX_the_boss

"Fatalement ce mouvement amène son lot d'opportunistes qui vendent des compétences au rabais."
Effectivement, j'ai vu beaucoup de "consultant" "vendre" tout le cérémonial autour de Scrum (très séduisant, très facile à mettre en place sur les projets, très vendable) avec une image de bouée de sauvetage sur les projets mais en "omettant" de parler de la nécessité d'y associer des pratiques d'ingénierie ... peut-être par incompétence :-) !

5. Le mercredi 11 février 2009, 17:57 par Alex

S'il n'est pas certain qu'un produit cher sera de bonne qualité, il est probable qu'un produit au rabais sera de qualité inférieure voir médiocre.
Le Web permet maintenant à tous les clients de vérifier rapidement la crédibilité de la société ou du consultant qu'ils souhaitent employer pour des besoins liés à l'agilité, pourquoi ne le font-il donc pas ?

6. Le mardi 17 février 2009, 12:50 par Nicolas.E

Le Web permet maintenant à tous les clients de vérifier rapidement la crédibilité de la société ou du consultant ... Pourquoi ne le font-ils pas ? -
Parce que même (voire encore plus) dans les entreprises ayant des procédures d'achat strictes, il y a toujours du copinage et des manoeuvres politiques voire pire.
Beaucoup de consultants sont engagés comme alibi ou comme fusible, beaucoup plus que pour la valeur ajoutée qu'ils devraient apporter. Dès lors, pourquoi se fatiguer à chercher quelqu'un de compétent ?
Je suis peut-être un peu pessimiste dans mes propos, mais c'est quelque chose que j'ai déjà vu à plusieurs reprises dans ma pourtant très jeune carrière.