À propos de Scrum, cela fait un bout de temps que je ne consulte pas les annonces pour savoir si et comment on en parle. Je ne regarde même plus les enquêtes pour savoir ce qu'on en pense. Scrum est maintenant si populaire que je n'éprouve plus le besoin de commenter une annonce ou une enquête de plus.

D'autres le font pour moi. Et parfois cela attire mon attention sur Twitter, quand c'est fait avec brio. Allan Kelly et Dave Nicolette, qui ne sont pas des aficionados de Scrum, ont publié des analyses au scalpel :

En résumé, pour le premier, l'annonce, Chef de projet agile/ ScrumMaster comme on dirait en France, est aberrante. Et pour le second, l'enquête sur le problème avec Scrum montre d'abord un gros problème de compréhension de ce qu'est Scrum par les enquêteurs (et les enquêtés).

Pourquoi cette ignorance ? Aurions-nous mal communiqué sur Scrum ? Parfois je m'interroge. En tant qu'auteur d'un livre dont le titre est Scrum mais qui parle plus que de Scrum, est-ce que je contribue à la confusion ? J'ai pris un soin méticuleux à organiser le livre en deux parties, la première avec le Scrum de base, la seconde avec les compléments à Scrum, le chapitre 13 "Contextualiser Scrum" articulant les deux. Dans l'édition 4, j'ai repoussé le chapitre "Planifier la release" qui présente les estimations et le Planning Poker dans la deuxième partie, car cela ne fait pas partie du core Scrum.

En ce qui concerne le rôle de ScrumMaster, je fais l'hypothèse que, plus que de l'ignorance du rôle, il y a une minimisation, voire une négation, de l'essence de Scrum. En accolant des mots qui ne vont pas bien ensemble, on se raccroche à l'ancien monde, on veut se rassurer. Le problème en faisant cela, c'est qu'on dénature Scrum.

Je vous conseille la lecture de ces deux billets d'Allan Kelly et Dave Nicolette.

Pour garder à l'esprit le côté radical de Scrum, relisez aussi la préface de Pablo. Ça tombe bien, dans l'extrait proposé par Dunod, avec la préface, il y a aussi le chapitre sur le rôle de ScrumMaster, si souvent incompris.