Taille et stabilité d'une équipe Scrum

On a vaincu la loi de Brooks.

Pour justifier qu'une équipe Scrum doit rester de taille raisonnable et surtout stable dans le temps, j'invoque souvent Tuckman et Brooks.

Le modèle de Tuckman présente les phases dans la construction d'une équipe. Il sous-entend une certaine stabilité pour que l'équipe puisse progresser.

En formation, il m'arrive de demander à des managers qu'est-ce qu'ils feraient si, à quelques semaines de la livraison, ils s'apercevaient que leur projet avait du retard. Un pourcentage non négligeable propose d'ajouter des "ressources". Je leur sors alors la loi de Brooks :

Ajouter des personnes à un projet en retard ne fait qu'augmenter son retard.

Frederic Brooks est l'auteur du fameux Mythical Man-Month. C'est un ouvrage qui est dans le domaine public. Il date un peu, mais la loi de Brooks reste valable dans la plupart des circonstances.

Cependant la loi de Brooks peut être enfoncée. C'est ce que raconte Rich Sheridan dans le chapitre Scalability de son livre Joy, Inc. Chez Menlo, on peut sans souci ajouter du monde à un projet. Comme ce chapitre est à la fin du livre, on a une bonne connaissance des pratiques mises en place chez Menlo, ce qui pousse à être convaincu par les arguments de Sheridan.

La pratique essentielle qui permet aussi bien le "scaling up" d'une équipe que son "scaling down" est le travail systématique en binômes. Systématique. Tout le monde, tout le temps.

Menlo est une sorte de société de services qui a instauré cela depuis 2003. En cas de pic de charge, il leur suffit de prendre des personnes qui travaillaient sur des projets internes de faible priorité et de les intégrer, toujours en "pairant" bien sûr.

Bravo ! Mais avant d'en arriver là, vous avez un peu de choses à changer… tout en restant dans la joie.