Tantale

Le sens de la vie est que la vie n'est qu'un jeu. Mark Rowlands.

Dans Philosophie Magazine hors-série sur les mythes grecs -une de mes lectures de l'été-, le philosophe gallois[1] Mark Rowlands voit le supplice de Tantale comme la métaphore de la vie humaine (pages 55-56).

Il déclare que : ...le sens de la vie ne peut en aucun cas être trouvé dans le travail ou tout autre activité de cet acabit qui n'ont qu'une valeur instrumentale, mais pas de valeur propre[2]

Pour lui, seule la création fait exception, et il la considère comme une forme de jeu. Le jeu c'est faire une chose pour elle-même, sans essayer d'atteindre une chose qui est hors de sa portée. En gros, le supplice de Tantale, c'est quelque chose qu'on pourrait résumer par travailler plus pour gagner plus, l'illusoire quête du désir inassouvi.

Il ajoute :

La fascination pour le jeu n'est autre que la fascination pour le fait de faire une chose pour elle-même - et pour aucune autre raison.

A la lecture de son article, je me dis que c'est peut-être un des raisons de l'engouement actuel pour les jeux dans l'IT : il y a une part (modeste certes, mais quand même) de création dans nos métiers.

Mark Rowlands note que : L'objet des jeux n'est autre que les idées - des idées brillantes, scintillantes, séduisantes, -, et la fascination qu'elles exercent sur nous s'apparente à l'emprise qu'ont sur des enfantes de brillantes, scintillantes et séduisantes babioles.

Les jeux actuels autour de l'agilité, Innovation Games et autres jeux agiles, ont bien pour objectif la création d'idées.

Sur ce sujet du jeu dans les activités humaines, on lira aussi l'histoire d'Alexandre Boutin "Osons jouer" dans la deuxième saison de Rupture douce.

Notes

[1] Comme célèbres gallois, je ne connaissais jusqu'à maintenant que des rugbymen...

[2] la valeur propre pourrait être rapprochée de ce qu'on appelle la valeur métier (business value).