Techniques de prise de décision : suite des expériences

J'en étais resté dans mon billet précédent au résultat obtenu en faisant le total des objections pour la technique du consentement systémique. Deux livres arrivaient ex aequo avec le moins d'objections : celui de Tobias Mayer, comme au choix majoritaire simple et celui de Gojko Adzic premier au vote Condorcet (et effectivement choisi pour le 16 mars).

Objections pour le livre du 16 mars

Commentaires et compléments.

Objections

Cela peut paraître étonnant que "50 quick ideas to improve your user stories" ne soit pas seul premier comme au Condorcet, on se dit que le préféré globalement devrait être aussi le moins objecté. Mais l'objection n'est pas le symétrique de l'adhésion. De plus, Condorcet s'appuie sur un ordre des propositions tandis qu'on donne un niveau d'objection. Il est possible d'avoir plusieurs propositions avec le même niveau et des écarts importants entre certaines.

Personnellement j'ai donné un niveau d'objection assez élevé à "50 quick ideas to improve your user stories". J'aime bien Gojko, mais on a déjà discuté de deux de ses livres en Klub de lecture. D'autre part, sur le sujet user stories, il y a eu récemment le Klub sur le livre de Jeff Patton "User Story Mapping". Bref j'avais des objections sérieuses.

Parmi le feedback que j'ai eu sur cette technique, un porte sur l'échelle de niveau d'objection. J'avais proposé de 0 à 9. On m'a dit que c'était trop large. Certains sont d'ailleurs restés entre 0 et 5.

Discussions

L'encouragement à la discussion me parait un des points forts de cette approche (pour cette petite expérimentation, nous n'avons pas discuté ensemble des objections, je voulais aller vite). L'identification et l'énoncé des objections la favorisent plus, me semble t-il, que la demande d'adhésion à une proposition.

La discussion à partir des objections peut amener, quand c'est possible, à améliorer la proposition avant le vote. Ou sinon à mieux la faire comprendre.

Et puis, après le vote, dans le cas rare, mais qui peut arriver, la preuve, de plusieurs premiers alors qu'on veut un seul choix, une discussion s'impose pour définir la proposition retenue.

L'option "Ne rien faire"

Cette option est un autre point fort de l'approche. Elle consiste à ajouter une proposition à la liste et donc à lui donner aussi un niveau d'objection. C'est la proposition statu quo. Si des propositions ont plus d'objections que celle-ci, on peut les éliminer[1].

Cette option n'est à utiliser systématiquement. Par exemple dans le choix d'un livre pour Klub j'y vois peu d'intérêt : le cas où on ne ferait pas de Klub de lecture parce qu'il n'y a pas de livre assez intéressant est très peu probable.

J'ai proposé de faire une nouvelle expérimentation dans le cadre de la Fédération Agile. Nous accueillons de temps en temps des nouveaux membres, par cooptation. J'ai suggéré d'utiliser le consentement systémique pour décider. Avec l'option "ne rien faire" cette fois : seront cooptés tous les candidats qui ont moins d'objections que "ne rien faire".

Pour l'instant ma proposition n'a pas reçu d'objection importante, c'est donc possible que nous l'essayions lors de la prochaine réunion fin mars.

Note

[1] voir la présentation de Thibault Bouchette à Agile Tour Paris 2014