PermaBio

Dans L'art de devenir une équipe agile, je m'appuie sur deux exemples, PermaBio et les Lapins agiles.

Celui qui a la place la plus importante pour illustrer le devenir agile, c'est PermaBio. Il est utilisé dans les chapitres 2 à 6.

Je vais publier les extraits de PermaBio dans des billets au cours des jours qui viennent.

Voici l'introduction à PermaBio, qui se situe pages 30 et 31 du livre, à la fin du premier chapitre.

PermaBio

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Pierre est le fondateur de PermaBio. Voici ce qu’il raconte de son projet :

« PermaBio est né du constat que les gens souhaitaient manger des bons produits locaux. Avec le développement de la permaculture périurbaine, de plus en plus de jardiniers auront des surplus à partager. PermaBio a pour vocation de devenir une plateforme de proximité d’échanges de fruits et légumes bio.

En ce qui concerne la production, PermaBio dispose d’un champ d’un hectare en permaculture et s’appuie également sur un réseau de jardiniers labellisés.

Le principe est de ne pas faire de stock, les fruits et légumes sont récoltés à la demande. Bien sûr, cela amène à ne proposer que des fruits et légumes de saison.

PermaBio a déjà testé le concept de la distribution de légumes aux particuliers. Maintenant l’objectif est d’aller plus loin en offrant un service : plutôt que de proposer des fruits et légumes, on propose tout ce qu’il faut pour un plat. Le client n’a plus besoin de savoir de quoi il a besoin en détail, il demande juste un plat pour un nombre de personnes et PermaBio lui apporte, il n’aura plus qu’à le préparer, avec la recette fournie. »

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à suivre

PermaBio, suite

Après l'interview de Pierre qui a présenté le projet, voici la suite de l'introduction à PermaBio qui sert de fil rouge dans L'art de devenir une équipe agile.

Cet extrait se trouve pages 30 et 31, à la fin du premier chapitre.

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Exemple : un père de famille a l’idée de faire une soupe, mais il ne dispose pas des légumes ; il appelle PermaBio qui lui fournit à domicile les ingrédients et la recette pour faire la soupe.

Le tarif est à la part : pas besoin de peser chaque légume ni d’avoir un prix au kilo. Le prix de la part est dégressif avec le nombre demandé.
Les livraisons se font uniquement à vélo, ce qui limite à un rayon de 10 km. L’engagement est de livrer en moins d’une heure à partir de la commande.

Les propositions reposent sur ce qui est disponible dans le champ PermaBio ou chez un des jardiniers labellisés. Ce qui est proposé est donc actualisé pour tenir compte des fruits et légumes récoltables. PermaBio propose une soupe, une entrée, un plat de légumes et un dessert avec des fruits.

Ces plats sont renouvelés tous les jours. PermaBio fournit tous les ingrédients permettant de cuisiner y compris les épices qui sont dans la recette.

Notre projet est de rendre ce service accessible à de nouveaux adeptes de la permaculture et du bio. Voici notre proposition de valeur :

Des fruits et légumes bio, du jardin à votre cuisine en moins d'un jour, sans impact carbone

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à suivre

Pourquoi PermaBio deviendrait agile ?

La suite de l'exemple PermaBio, avec la question essentielle : pourquoi ?

La question du pourquoi passer à l'agilité du point de vue du type de travail à effectuer a fait l'objet de ce billet Finalement, pourquoi passer à l'agilité ?.

Ici nous voyons l'application des critères sur l'exemple PermaBio.

Cet extrait est tiré de L'art de devenir une équipe agile, page 31 :

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PierreVoyons avec Pierre — le fondateur de PermaBio — si son projet se prête bien à l’agilité en reprenant les critères pour identifier les travaux de la connaissance.

  • Pierre a une vision, mais les besoins détaillés restent à définir.
  • Pierre part dans l’inconnu et il n’a pas beaucoup de budget, il faudra prendre des décisions en tenant compte de la situation rencontrée.
  • Il y a de nombreuses interactions avec les jardiniers labellisés, avec les livreurs à vélo et avec les utilisateurs du service, ce qui rend les choses complexes.

Avec ces trois points, on peut déjà dire à Pierre que le service qu’il veut développer est situé dans le domaine de la connaissance et donc que l’agilité est intéressante pour son projet.

Un quatrième critère irait dans le même sens, c’est que le travail pour développer le service n’est pas tangible. Il n’a jamais été fait par PermaBio. Il est très différent d’autres travaux faits par PermaBio comme la récolte des pommes de terre ou la cueillette des cerises. Même s’ils sont plus agricoles qu’industriels, ces travaux sont bien maîtrisés, ce qui n’est pas le cas du nouveau service.

Passer à l’agilité pour ces travaux physiques n’est pas adapté. Mais si Pierre voulait automatiser le ramassage ou la cueillette, ou développer un robot désherbeur, on reviendrait dans le travail de la connaissance et l’agilité serait préférable. De même si PermaBio proposait des services de création de parcelles dédiées à la permaculture. Dans tous ces cas-là, un travail par itérations courtes pour expérimenter est préférable.

Pierre est donc convaincu que l’équipe PermaBio aurait tout intérêt à devenir agile.

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à suivre

L'équipe PermaBio

PermaBio est l'exemple qui sert de fil rouge dans L'art de devenir une équipe agile. Dans le premier chapitre, nous avions fait connaissance avec Pierre, le fondateur, qui nous avait donné sa vision, décrit le service et expliqué pourquoi l'agilité lui semblait la bonne approche.

Nous allons maintenant faire connaissance avec cette équipe.

Cet extrait se trouve pages 54 et 55, à la fin du deuxième chapitre, L'équipe dans son écosystème. Le texte fait référence à un acronyme qui est présenté dans ce chapitre : TAPIS.

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Une équipe TAPIS

  • Taille : l’équipe est composée de six personnes, ce qui lui confère une bonne taille.
  • Auto-organisation: bien sûr, l’équipe n’est pas encore totalement auto-organisée ; cependant Pierre s’est engagé à ne pas perturber son fonctionnement et à la laisser décider de tout ce qui concerne le comment.
  • Pluridisciplinarité : les membres de l’équipe possèdent les compétences permettant de couvrir les disciplines nécessaires pour obtenir un résultat. Tout le monde ne connaît pas encore très bien le domaine de la production, c’est-à-dire le jardinage. Mais Marie, qui en est l’experte, sera disponible pour répondre aux questions.
  • Identité : tous les membres de l’équipe partagent l’éthique de la permaculture, c’est-à-dire qu’ils sont en accord pour prendre soin de la planète, prendre soin des gens et partager les récoltes.
  • Stabilité : les six personnes qui constituent l’équipe se sont engagées à rester pour au moins six mois.

Les rôles

Comme Sarah connaissait un peu Scrum, qu’elle avait utilisé dans un job précédent, elle est naturellement devenue Scrum Master.

Pour le rôle de Product Owner, cela a été un peu plus délicat. C’est Pierre qui portait, depuis le début de PermaBio, la responsabilité de l’aspect produit. Mais sa disponibilité n’est pas compatible avec celle qu’on attend d’un Product Owner, qui est dans l’équipe et se doit donc d’être très présent pour collaborer avec tous les équipiers. Pierre doit donc déléguer, et accepter que ce délégué prenne des décisions tactiques sans lui demander la permission.

Pour commencer avec l’auto-organisation, c’est l’équipe elle-même qui a choisi la personne qui tiendrait le rôle de Product Owner. Un vote sans candidat a été organisé. C’est Lucas qui a retenu le plus de suffrages et il a accepté le rôle.

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à suivre avec la présentation des parties prenantes

PermaBio, les parties prenantes

Les cinq parties prenantes dessinées par Étienne qu'on retrouve tout au long du livre L'art de devenir une équipe agile.

Le chapitre 2 a pour titre L'équipe dans son écosystème. L'écosystème d'une équipe, c'est le milieu dans lequel elle évolue. Il est composé d'objets et de personnes. Ces personnes, ce sont les parties prenantes.

à noter que l'écosystème de l'équipe est chamboulé dans cette période de confinement et que les relations qu'elle avait avec les parties prenantes sont probablement impactées… En tout cas, c'est une question à se poser, par exemple lors d'une rétro-confinement.

Après l'équipe, voici les parties prenantes de PermaBio, extrait du chapitre 2, page 55

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Côté parties prenantes Pierre, Marie et Victor ont été sensibilisés à l’agilité.

On a bien expliqué à Victor qui a l’habitude d’imposer ses urgences à Léa car il la connaît depuis longtemps que cette époque était révolue. Il passerait comme tout le monde par la boucle de feedback.

Élodie et Bob ne font pas partie de PermaBio. Bob est un jardinier permacole qui produit des légumes bio vendus à PermaBio.

C’est Nathan qui a proposé Élodie comme partie prenante. Elle adore la cuisine. Elle fait régulièrement des soupes et des petits plats pour sa petite famille.

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à suivre

Dans mon livre Scrum, le rôle de partie prenante est étudié en profondeur. Dans l'édition 5, j'approfondis les relations entre l'équipe et les parties prenantes, en évoquant la grille de Mitchell.

Le backlog PermaBio

Pour notre exemple PermaBio, dans ce premier article consacré à la boucle de feedback (le chapitre 3 de L'art de devenir une équipe agile), nous allons nous intéresser à la constitution du backlog initial.

Il contient des gros morceaux qui seront ensuite affinés.

Nous retrouvons l'équipe chargée de développer le nouveau service permettant de passer commande, et les parties prenantes.

Pierre a présenté à toutes et à tous sa nouvelle vision de PermaBio, qui est de devenir le leader de la livraison d’ingrédients à domicile.

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L’équipe et les parties prenantes ont émis des idées de fonctionnalités :

  • proposition de soupes, entrées, plats végétariens et desserts du jour ;
  • ramassage des déchets d’épluchage pour compostage ;
  • prise en compte de certaines préférences alimentaires pour des recettes adaptées ;
  • connexion avec des sites de cuisine (comme mesrecettes.com) pour ajouter un bouton « faites-vous livrer par PermaBio » en dessous de la liste ingrédients des recettes.

En ce qui concerne les plats du jour, ce qui a été défini prioritaire c’est la soupe du jour, à la suite des prévisions de Marie sur les futures récoltes. En cette saison, elle peut fournir des légumes pour des bonnes soupes d’hiver.

Le premier backlog est constitué de ces idées sur lesquelles tout le monde s’accorde :

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à suivre