Série - Sociocratie et Agilité

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Rupture douce : mon histoire, saison 1 version 2 épisode 1

Titre de l'épisode : Chocolatine à la Pasteline.

La saison 1 de Rupture douce a été publiée début novembre. J'en avais parlé : des histoires connectées.

J'ai été particulièrement fier de contribuer à cet ouvrage collectif. J'y avais été convié par Laurent, suite à ma participation à son atelier du ScrumDay et le billet que j'avais écrit un peu après : Quand l'Agilité rencontre la sociocratie.

Mon sujet était donc la rencontre entre la sociocratie et l'Agilité. Je suis très loin d'être un spécialiste en sociocratie, un petit peu moins loin en agilité, alors j'ai choisi de raconter l'histoire de ma rencontre avec la sociocratie, en partant de la découverte, en poursuivant par l'apprentissage dans les conférences, en continuant par mon appropriation et ma mise en pratique. Ce que j'ai appris, c'est venu progressivement, de mes rencontres avec des gens : Thierry, Frédéric, Laurent, Oana, Pablo, Jeremy, Etienne, Josette... et finalement c'est ce que j'ai raconté.

Cela a donné la première version.

Pendant les vacances, j'ai revu mon histoire. C'était d'abord pour préparer sa traduction en anglais. J'ai aussi tenu compte des feedbacks (je remercie en particulier Antoine, mon relecteur préféré) qui m'ont été donnés. Avec le temps, cela a fait pas mal de modifs qui rendent, en tout cas je l'espère, la lecture plus fluide et le message plus cohérent.

Voici le début de cette deuxième version, que je vous livre sans les illustrations, avec des liens supplémentaires et avec des notes de bas de page adaptées au contexte, dans ce premier épisode :


Ma rencontre avec la sociocratie a commencé doucement, sans rupture, avec un café et une chocolatine.

Enchanter ses clients

La première fois que j’ai entendu parler de sociocratie, c'était en septembre 2011. J'avais pris l'habitude de prendre le petit-déjeuner avec Thierry[1]. Nous nous retrouvions une fois par semaine à la Pasteline, la boulangerie à l’entrée de Castanet, quand on vient de Toulouse.

Une boulangerie qui fait café ? Ben oui.

À propos de boulangerie, je saisis l’occasion, avant d’aborder la sociocratie, d’évoquer l’Agilité, à travers un de ses principes : satisfaire ses clients[2].

Dans son livre Radical Management, Stephen Denning[3] cite la boulangerie le Mille Épis de Golfe Juan[4], sur la Côte d’Azur.

Adepte du storytelling, il prend l'exemple du bon pain fabriqué par son boulanger pour illustrer son premier principe de management : un produit qui, au-delà de les satisfaire, enchante ses clients.

Eh bien, mon boulanger aussi cherche à enchanter ses clients ! D'abord avec son pain. Puis avec des services, le premier étant de proposer des tables pour prendre le café et ce qui va avec le matin. C’est pas idiot, Denning lui, pour boire son expresso et grignoter la baguette achetée au Mille Épis, doit aller au bar Le Corsaire.

No Scrum no win

Un autre service que j’apprécie à la Pasteline, c'est la mise à disposition des journaux. Cela me donne une autre occasion d’évoquer l’Agilité, à travers la méthode agile la plus populaire : Scrum.

En attendant Thierry – qui est le plus souvent en retard à notre rendez-vous, ce qui entre nous m'arrange – je lis le Midol[5] Pas toujours évident de choper l'exemplaire de papier jaune posé sur le comptoir, avant les autres amateurs de rugby, nombreux dans ce lieu, d'autant plus que le boulanger est sponsor de l'équipe locale, l'Avenir Castanéen[6].

Digression rugby, histoire d’apprendre aux newbies en Scrum que scrum, c’est la mêlée au rugby. La mêlée symbolise l’effort collectif d’une équipe qui développe un produit. Un adage bien connu des connaisseurs du rugby est « no scrum no win » qu’on peut transposer dans nos métiers par « sans une équipe soudée et solidaire, pas de succès ».

Chocolatine à la Pasteline

Posons le Midol et revenons à ce petit-déjeuner avec Thierry. Avant qu’il ne devienne ScrumMaster et disparaisse dans les collines sensuelles du Lauragais entre lesquelles serpente la route qui va de Castanet-Tolosan à Castres, c’était à la Pasteline que nous refaisions le monde, en commençant par celui de l'Agilité. Une fois épuisées nos querelles routinières sur les avantages comparés de Scrum et XP, nous devisions gaiement en échangeant sur les nouvelles tendances[7].

C'est donc là, après mon café et ma chocolatine, que j'ai entendu pour la première fois parler de sociocratie, de la bouche de Thierry.

Malheureusement c’était un jour où il m’avait fallu du temps pour le convaincre que Scrum était bien la méthode agile la plus populaire. Nos petits-déjeuners étant timeboxés, il était déjà l’heure d’aller vaquer. Ma première rencontre avec la sociocratie n’était pas allée bien loin.


... à suivre.
Ma première clé : allez dans les cafés (ou les boulangeries qui font café).

Pour savourer les histoires des autres grenouilles, rendez-vous sur le site de l'Agile Blue Team.

Notes

[1] Thierry Cros, l’Etre Agile, http://www.thierrycros.net/. Depuis quelques semaines, nos petits-déjeuners ont repris, on y parle de Spécifiez agile et des outils du Product Owner.

[2] Premier principe du Manifeste Agile

[3] Dont on parle dans de nombreuses histoires de Rupture douce.

[4] Golfe Juan est un quartier de Vallauris qui se trouve entre Antibes et Cannes. Plutôt chic. C’est peut-être grâce à la vente de ses livres que Denning y séjourne…

[5] C’est le journal du rugby, qui s’appelait autrefois Midi Olympique..

[6] L’équipe joue en Fédérale 1, l’équivalent de la 3ème division, ce qui est tout à fait respectable, après avoir été champion de France Fédérale 2.

[7] Par exemple, transition radicale ou douce ?

Rupture douce : mon histoire version 2 épisode 2

Titre de l'épisode : Halo à Grenoble.

Résumé de l'épisode précédent :

À la Pasteline, avec une chocolatine, Thierry me parle de sociocratie. Mais il devient l'heure d'aller vaquer. Je n'en sais pas beaucoup sur le sujet.


La cybernétique

Suffisamment quand même pour éveiller ma curiosité. Une recherche et j'ai vu que la sociocratie avait une page dédiée dans Wikipedia[1]. Très vite, m’apparut la première convergence avec l’Agilité dans le principe d’auto-organisation.

Je découvris les quatre règles de fonctionnement : la prise de décision par consentement, le cercle, le double lien et l’élection sans candidat. J’y lus aussi que la sociocratie avait ses racines en France, chez Auguste Comte, à l'origine du nom, et dans la cybernétique. Ah ?

Il se trouve que je suis diplômé en cybernétique. C'est une des options que proposait mon école d'ingénieur en dernière année. Le mot m'avait beaucoup plu et, même si je ne savais pas très bien ce que cela voulait dire, j'avais choisi cybernétique sans hésiter, plutôt que mécanique des fluides ou science des matériaux.

J’appris donc que le fondateur de la sociocratie, un hollandais méconnu et toujours vivant du nom de Gerard Endenburg, était un cybernéticien. Tiens, un confrère, me dis-je, avec un à priori favorable.

Jeu et enseignement

Cela m'avait titillé et donné envie de connaître des mises en pratique de cette nouvelle méthode de gouvernance.

Alors à Agile Grenoble, en novembre 2011, la plus grande conférence en France sur l’Agilité, j'avais suivi : « Comment rendre nos entreprises Agile » Le mot « sociocratie » n'apparaissait pas explicitement dans la présentation de la session, mais je savais qu'on l’aborderait. L’animateur de la session était un fana des jeux, alors je vais l'appeler FDJ, comme la française, un trigramme qui lui va bien.

Il se trouve que j'avais rencontré FDJ quelques jours auparavant, à Paris, à l'occasion de la journée sur l'enseignement de l’Agilité organisée par l'Institut Agile. Coïncidence, il y avait annoncé qu’il commençait l’enseignement en tant que PAST (Professeur ASsocié à Temps partiel), poste que j’ai tenu pendant 15 ans à l’Université Paul Sabatier de Toulouse[2] et que je venais juste d’arrêter.

À fond dans les jeux, FDJ a réussi à incorporer dans sa session un « Buy a feature »[3] et un bocal à poissons[4]. Plus un tennis-basket, une sorte de « ball point-game » pour les aficionados des jeux, pour lequel il n'a pas lésiné sur les balles.

On utilise beaucoup les jeux dans l’Agilité. Des jeux pour apprendre en s’amusant, dont il est question ici. Aussi des jeux pour favoriser la créativité et l’innovation, dont il est question dans plusieurs histoires de ce livre. On peut même aller jusqu’à réserver une salle pour ces jeux, c’est ce que raconte Oana dans son histoire « Il était une fois la play room », à lire dans Rupture douce.

Allo ? Ola ?

La sociocratie était donc proposée par FDJ comme sujet possible de son atelier ludique.

Avant d'y arriver, il nous a fallu acheter cette « feature » dans un jeu frénétique à 25 personnes. Heureusement j’ai trouvé un complice parmi les participants qui a ramassé vite fait les billets nécessaires pour enlever le morceau.

Alors FDJ nous a raconté comment il essaie d'introduire la sociocratie, plus exactement l’holacratie[5] dans sa société. Quand je dis essaie c'est probablement trop réducteur, car certaines pratiques ont largement dépassé le stade de l'expérimentation.

J'en ai donc appris un peu plus sur le sujet, mais là aussi c'était timeboxé... Comme souvent dans les conférences sur l’Agilité. Ah, ces boites de temps, ce que ça peut être frustrant !

Cependant le débat a pu continuer avec Thierry (le Thierry de la Pasteline) dans la voiture pendant le chemin du retour vers Toulouse. Comme la route est longue, cela nous a donné du temps. Tout au long du voyage, j'ai dit « ola-cratie » au lieu de « allo-cratie ». Pas moyen d'arriver à la prononciation correcte.

Depuis je ne dis plus que sociocratie et ça j'y arrive.

À noter que les américains eux, disent gouvernance dynamique, le terme sociocratie pouvant être connoté comme une forme de socialisme. Ce mot pourrait encore effrayer les managers – et les autres – aux États-Unis…


à suivre...

Ma deuxième clé : participez aux conférences agiles.

Notes

[1] Avec un avertissement quand même : article qui ne cite pas suffisamment ses sources.

[2] Où j’ai enseigné le Génie Logiciel, Scrum et l’Agilité, à l'IUP ISI.

[3] Un des 12 Innovation Games proposés par Luke Hohmann.

[4] Technique de conversation de groupe utilisée dans les conférences (en anglais « fishbowl »).

[5] Une variante de la sociocratie, certains disent une dérive..

Rupture douce : mon histoire version 2 épisode 3

Titre de l'histoire : Quand l'Agilité rencontre la sociocratie.

Titre de l'épisode : ScrumDay Light.

Résumé des épisodes précédents : Une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble ont permis de découvrir la sociocratie. Mais l'Agilité et la sociocratie vont-elles enfin se rencontrer ?


ScrumDay, les travaux pratiques

Il était temps de passer aux travaux pratiques. L’occasion m’en fut donnée avec le ScrumDay qui avait lieu le 31 mars 2012 à Paris. Comme je n’y présentais rien cette année là, j'ai privilégié la participation active :

  • la matinée à jouer à Kanban avec Laurent [1],
  • l'après-midi en atelier sociocratie.

L'atelier s’appelait en fait « Quand la sociocratie rencontre l'agilité ». Il était animé par l'excellent Laurent [2] et le sympathique québécois Gilles Charest, grand spécialiste de la sociocratie[3]. Ce qui me fait dire que la sociocratie est un peu la méthode à Gilles. Bon, je vais essayer de développer des arguments plus convaincants sur les liens entre l’Agilité et la sociocratie...

Laurent et Gilles ont accueilli une trentaine de participants, à avoir choisi, comme moi, cet atelier parmi les nombreuses sessions se déroulant en même temps. Nous nous sommes regroupés par cinq ou six pour expérimenter deux règles de fonctionnement de la sociocratie : la prise de décision par consentement et l'élection sans candidat.

Consentement

Le consentement est une pratique importante de la sociocratie. Voilà en quoi ça consiste : quand il y a une décision à prendre sur un sujet, on écoute les objections de chacun, on en discute collectivement pour tenter de les lever et prendre une décision à laquelle tout le monde consent.

Le sujet proposé était, si je me rappelle bien, une discussion dans une copropriété sur une prise d'électricité utilisée par les gens du voyage. Je me souviens avoir fait partie pendant plusieurs années d’un syndicat de copropriété où je jouais le rôle de secrétaire ; je me dis que la sociocratie aurait été bien utile pour accélérer les prises de décision.

Pour cet exercice sur le consentement, notre groupe a fait preuve d'humanité et a décidé assez rapidement. Cela n'a pas été le cas dans tous les groupes où des objections ont suscité des discussions longues et parfois bruyantes.

Bien que constituée par hasard, il s'est avéré que nous formions une équipe – en sociocratie, on parlerait plutôt de cercle – homogène. M’appuyant sur mes souvenirs d’assemblée générale de copropriété, j’ai bien émis une objection en arguant que les dépenses d’électricité allaient devenir incontrôlables, mais le débat qui a suivi m’a rassuré sur ce point, permettant de la lever.

Attention, le consentement est souvent confondu avec le consensus. Le consensus c'est chercher à ce que tout le monde soit d'accord. En sociocratie, l’objectif est différent. Au lieu de rechercher absolument le oui de tous, on vise l’absence de non pour la prise de décision.

L'élection sans candidat

Après nous avoir présenté les notions de cercle et double lien, les animateurs nous ont demandé de choisir notre représentant au moyen d’une élection sans candidat.

Cela s'est fait en deux temps. À l'issue du premier vote, Oana, la seule fille du groupe, avait trois voix. Les deux autres voix s’étaient portées sur deux personnes différentes. Lors de la discussion sur la justification du vote, les deux qui n'avaient pas voté pour elle s'y sont ralliés. Elle a accepté.

Moi, j'avais voté pour elle du premier coup. Il se trouve que j'avais déjà bu une bière avec elle à la Coupole, où nous nous étions retrouvés, avec quelques agilistes d’Occitanie en déplacement à Paris.

Cette attirance à voter pour quelqu'un de connu, cela peut être une dérive de ce type d’élection. J’y reviendrai plus loin. Mais dans le cas d'Oana, je pense qu’on l'a choisie simplement pour son charisme.

Pour finir la session, nous avons cherché à définir ce que pouvait apporter la sociocratie à l'agilité.


à suivre... dans le prochain épisode : la sociagilité.

Ma deuxième clé (bis) : Allez dans les conférences agiles.

Pour retrouver toutes les histoires de Rupture douce, allez sur le site de l'Agile Blue Team.

Notes

[1] le Laurent M. de l'histoire « L’Agilité, même pas mal », à lire dans Rupture douce

[2] le Laurent S. de « Facilitation Lud’innovante », à lire dans Rupture douce

[3] Gilles Charest est l’auteur de la préface de l'ouvrage Rupture douce.

Rupture douce : la sociagilité, épisode 4

Nous sommes toujours dans la saison 1 de Rupture douce. L'histoire s'appelle Quand l'Agilité rencontre la sociocratie. Le titre de cet épisode est "La sociagilité''.

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay. Mais leur relation va t-elle se poursuivre ?


Pour finir l'atelier du ScrumDay, nous avons cherché à définir ce que pouvait apporter la sociocratie à l'agilité. Dans un premier temps, chaque groupe a élaboré une carte heuristique pour identifier les passerelles entre les deux. Ensuite, on tournait pour aller voir ce qu’avaient fait les autres groupes et discuter avec eux.

Voici un résumé de ce que j'ai retenu de cette revue des travaux des différents groupes :

Sociocratie rencontre Agilité La carte heuristique sociagile

Le consentement sociocratique est déjà implicitement présent dans l'agilité, par exemple :

  • La prise de décision pour l'estimation d'une story lors du Planning Poker : lors du vote, on ne continue pas les tours jusqu'à ce que toute l'équipe soit d'accord (ce qui correspondrait au consensus), on s'arrête quand il n'y a plus d'objection, généralement après deux tours, avec le choix qui se fait sur la médiane des votes.
  • S’assurer que l’équipe est en phase avec l’objectif du sprint à la fin de la réunion de planification.
  • Lors de la rétrospective, choisir l'amélioration prioritaire pour le prochain sprint.
  • Prendre une décision sur une solution permettant d’éliminer un obstacle technique ou d’organisation.

Le coach qui accompagne une entreprise dans sa transformation pourra proposer l'élection sans candidat dans certaines situations de choix de représentant :

  • le ScrumMaster,
  • le Product Owner (à partir d'un cercle métier),
  • le représentant de l'équipe pour le scrum de scrums.

On peut élargir son utilisation à chaque fois qu'il s'agit de choisir un représentant.

La notion de cercle sociocrate est proche de celle d'équipe agile. Cependant la sociocratie s'inscrit dans le cadre plus vaste d'une organisation, en maintenant la structure opérationnelle existante.
Cette dimension se retrouve dans l'agilité pratiquée à grande échelle, pour laquelle la notion de double lien semble une piste prometteuse.

Après le ScrumDay, j’en savais un peu plus sur la sociocratie. Avant de me confronter au terrain, j’ai eu besoin de replacer la sociocratie dans les formes de gouvernance des organisations.

En particulier, et pour faire écho à l’élection sans candidat, comment y sont désignés leurs représentants ?


Suite au prochain épisode, où il sera question de troisième révolution industrielle et de Skulls.

Rupture douce : mon cinquième épisode

Titre de l'épisode : bière ou Banyuls ?

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun. Auront-elles beaucoup d'enfants ?


Du pouvoir hiérarchique au pouvoir latéral

Dans la plupart des organisations encore marquées par le taylorisme, le représentant est souvent un chef désigné par le chef de plus haut niveau (les fameux N+1, N+2, ...N+x).

Le taylorisme date de la première révolution industrielle ! Jeremy Rifkin, dans son dernier livre, La troisième révolution industrielle, explique bien que le principe de Taylor était de considérer les gens qui travaillent comme des machines en évitant absolument qu'ils réfléchissent. On se rappellera les Temps Modernes de Chaplin.

Pourtant, le taylorisme survit encore dans de nombreuses organisations, même dans nos métiers de la connaissance. Une preuve est l'utilisation du terme ressources pour parler des gens, des hommes et des femmes qui y travaillent.

À notre époque, le taylorisme et sa hiérarchie pyramidale, et en particulier dans notre domaine des technologies de l’information, c'est mal. Le pouvoir ne peut pas être que réservé au chef qui commande, alors que les subordonnés obéissent. À la place de ce pouvoir du chef, Jeremy Rifkin prône l'avènement du pouvoir latéral, en réseau, pour transformer le monde. Il cite brièvement l’agilité et on retrouve dans ses propositions pour la troisième révolution industrielle le même principe d'auto-organisation.

En lisant Rifkin, en suivant Denning, on se dit que pour nos organisations, une nouvelle gouvernance est non seulement souhaitable, mais nécessaire, sur l’exemple de celle que Damien met en place pour sa PME et qu’il raconte dans son histoire « Des lignes, des courbes, des sphères... une brève histoire de PME Agile » (à lire dans Rupture douce).

Skull & Roses

Avant de passer à la sociocratie sur le terrain, voyons d’autres façons de désigner un représentant dans un groupe, s'il n'est pas imposé par la hiérarchie.

Traditionnellement, le chef était celui qui avait le plus de force ou celui faisant preuve du plus grand courage pour entraîner le groupe vers un objectif. C’est le principe de la horde primitive.

Quand ces communautés durent, le principe de désignation a tendance à évoluer, comme le montre l’histoire suivante.

C'était en mars 2012, à Banyuls, sur la terrasse de l'hôtel où nous étions réunis pour Agile Open Sud. Quand Pablo a sorti la boite de Skull & Roses, l'idée de faire un jeu (pas sérieux) m'avait immédiatement emballé, et aussi Alexis, Antoine, Jean-Baptiste et Christophe.

Revenons à notre désignation de représentant, elle est en rapport avec Skull & Roses. La légende veut que le jeu ait été inventé par une bande de bikers pour désigner leur chef. Auparavant, le chef était celui qui, tiré par une moto avec une bière à la main, revenait avec le plus de bière dans sa chope.

C'était un peu coûteux côté blousons en cuir et peut-être que le lauréat ne possédait pas toujours les qualités requises. Avec la nouvelle formule, les qualités pour gagner sont un peu plus « sociales ». On peut certes bluffer, mais la connaissance des comportements des joueurs est primordiale.

À Agile Open Sud, je me suis fait avoir en retournant le dernier carton que je pensais être une rose et qui m'aurait fait gagner, mais Antoine – dont je connais maintenant la fourberie – avait un Skull.

C’est finalement Pablo qui l’a emporté. Du coup, il est devenu notre représentant pour organiser l’édition 2013.


à suivre....

Dans les prochains épisodes, nous reviendrons sur l'élection sans candidat.

Rupture douce : mon sixième épisode

Nouvel épisode de l'histoire Quand l'Agilité rencontre la sociocratie, dans la saison 1 de Rupture douce.

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun.

L'expérimentation de la sociagilité commence en observant les façons de désigner des représentants dans les bandes de bikers. Voici la suite.


Réseaux socio(crates)

Dans notre domaine, il faut trouver autre chose et on ne va pas dire non plus que le chef est le plus courageux ou le meilleur au bras de fer.

D’abord, puisqu’il n’y a pas de relation de type commandement/obéissance avec l’Agilité, on n’emploie pas le mot chef. Cependant, un ScrumMaster, s’il ne dispose pas d’un pouvoir coercitif, doit quand même avoir un certain prestige auprès de l’équipe. Un prestige social, donc.

Ensuite, à l'époque des réseaux sociaux, on pourrait peut-être dire que c'est celui qui a le plus de sociabilité qui est désigné ? On voit bien des applications qui mesurent la notoriété, pourquoi pas la sociabilité ?

Un truc de coach que Jean-Claude[1] pourrait ajouter à sa liste, c'est proposer que celui qui a le plus de followers sur Twitter soit désigné comme représentant. Ou alors celui qui a le plus de RT pour un tweet ?

Bon, JC a largement dépassé les 1000 followers, il a la position pour le faire.

@arretsurimages.net avec Etienne

Tournons-nous vers ce qui se pratique dans la vie publique. Le mode de désignation considéré comme « normal » pour nommer nos représentants est l'élection au suffrage universel.

Cependant, cela n'a pas toujours été le cas. Les Grecs de l'Athènes ancienne pratiquaient le tirage au sort. Plus proches de nous, les révolutionnaires français réfutaient ceux qui se portaient candidats à un poste. Déjà il était question d’élection sans candidat. À notre époque, le sujet redevient d'actualité avec les dérives observées dans la vie politique, notamment dans la représentativité de nos élus ou la lutte de pouvoir dans les partis.

Etienne Chouard[2], le professeur marseillais qui était devenu populaire par sa croisade pour le non à la Constitution Européenne lors du référendum de 2005, a un nouveau cheval de bataille. Il propose de refaire la constitution, et pour désigner nos représentants à la Constituante, il suggère une association d'élection sans candidat, comme dans la sociocratie, et de tirage au sort, comme chez les Grecs anciens.

Dans l'émission @ux sources mise en ligne sur le site « Arrêt sur images » le 10 août 2012, qui s’intitule : « du "non" de 2005 aux réflexions sur la démocratie[3]», Etienne Chouard explique comment cela peut s'appliquer à l'échelle d'un pays, pour définir sa constitution. Et il parle de la sociocratie (c'est vers la 25ème minute dans la vidéo).

Dans un premier temps, l'élection sans candidat permet de réduire le nombre de représentants potentiels. Il suggère d'éliminer ceux qui ont eu le moins de voix, ça parait logique, mais aussi et c'est plus surprenant, ceux qui en auront eu le plus. Son argument est que ce sont des gens célèbres et qu'on a probablement voté pour eux plus parce qu'on les connaissait que pour leurs compétences. C'est ce qu'il appelle le biais médiatique. Sans m'en rendre compte, lors de l'atelier du ScrumDay, j'ai peut-être voté Oana parce que c'était une star ?

Avec ce système, Etienne pense qu’on évitera les affreux, les abrutis à grande gueule au profit des gens « bien ». Le choix portera plus sûrement sur une personne calme, qui ne se met pas en avant. Bien sûr, les personnes choisies par cette élection sans candidat peuvent toujours refuser la responsabilité qu’on leur confie.

Dans un deuxième temps, il pense que le tirage au sort est la technique la plus appropriée. L'objectif principal de ce double mécanisme est d'éliminer les conflits d'intérêt.


Dans le prochain épisode, nous raconterons comment Josette et Brice ont été élus Product Owner et ScrumMaster...

Notes

[1] Jean-Claude Grosjean, qui est co-auteur de Rupture douce avec l’histoire « Dans la peau du Manager Agile » et par ailleurs rédacteur du blog QualityStreet dans lequel il propose de nombreux trucs de coach.

[2] voir http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

[3] http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5121, accessible sur abonnement. 

Rupture douce : Sociocratie et Agilité, septième épisode

Suite de l'histoire Quand l'Agilité rencontre la sociocratie, dans la saison 1 de Rupture douce. Dans cet épisode, Josette et Brice.

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun.

L'expérimentation de la sociagilité commence en observant les façons de désigner des représentants dans les bandes de bikers et ce que propose Etienne Chouard à l'échelle de nos pays. Voici la suite.


L’Agilité citée par Rifkin et la sociocratie par Chouard ! Cela m’a conforté dans l’idée d’essayer de les combiner, pour en tirer le meilleur des deux. Comme tout bon Agiliste, je me suis empressé d’expérimenter : j’ai donc testé l’élection sans candidat.

Josette, la PO élue qui n'était pas candidate

Lors de mes formations Scrum, j’anime des ateliers qui se font en équipe. Dans les formations inter-entreprises en particulier, les gens ne se connaissent pas et il faut donc constituer cette équipe Scrum, avec ses rôles.

Une équipe Scrum est composée de développeurs, d’un ScrumMaster et d’un Product Owner. Parmi les participants à une formation, il nous faut identifier qui va jouer le rôle de ScrumMaster et de Product Owner, les autres devenant des développeurs.

Désormais, après les quelques moments de flottement classiques, je propose systématiquement aux participants de pratiquer l'élection sans candidat pour y arriver. Au début, je pensais qu'il y aurait quelque réticence à s'y lancer. Eh bien non pas du tout, jamais à ce jour. Dans cette pratique, j'ai même décelé une envie, voire une jubilation. Un peu comme quand on élisait les délégués de classe au collège.

Et à chaque fois ça a marché. La personne finalement désignée n'aurait probablement jamais été candidate. Je pense en particulier à Josette, un petit bout de femme plutôt en retrait dans le groupe, qui est devenue Product Owner après le deuxième tour.

A l'issue du premier vote, c'est elle qui avait obtenu le plus de suffrages, mais elle pouvait encore refuser. J'avais quelques doutes sur son envie de jouer ce rôle, mais finalement elle l'a accepté et elle a fait du bon boulot

J'ai constaté dans mes différentes expériences, que cette possibilité de décliner n’avait jamais été utilisée.

Cette technique d’élection par ses pairs, plutôt ludique, est une façon de contribuer à retrouver le plaisir dans le travail.

Brice, le chef de projet qui voulait être ScrumMaster

Brice venait d'être embauché dans l’équipe que je coachais. Je pense que la direction lui avait dit qu’il serait ScrumMaster.

Peut-être le poste proposé était-il le fameux "ScrumMaster/Chef de projet" qu'on voit fréquemment dans les annonces de recherche d'emploi. Étrange intitulé, apparemment un oxymore en regard au mantra des formateurs à Scrum « le ScrumMaster n’est pas un chef de projet », mais révélateur de l’état d’esprit des DRH pour ménager la chèvre et le chou.

En tout cas, Brice tenait absolument à être ScrumMaster dans l'atelier de Planning Poker que j'animais, pendant le sprint zéro. Je l'avais vu dans une situation de groupe et il me semblait qu'il se comportait plus comme un chef de projet traditionnel que comme un ScrumMaster.

Je voyais bien que les autres, qui se connaissaient et avaient l’habitude de travailler ensemble, n'allaient pas l'accepter.

Il fallait bien définir les rôles rapidement, avant le début du sprint 1. J'ai donc proposé à l'équipe l'élection sans candidat du ScrumMaster. Et ce n'est pas Brice qui a été désigné. Il a un peu fait la gueule. C’est Victor qui a été choisi et il s’est avéré être un bon ScrumMaster pour cette équipe.

L’élection sans candidat permet aussi d'éviter les conflits potentiels découlant de nominations imposées.


A suivre dans un prochain épisode...

Pour tout savoir sur la genèse de cet ouvrage collectif, lisez le billet de Sylvaine Pascual : Rupture douce, l'Agilité pour collaborer autrement.

Rupture douce : Sociocratie et Agilité, huitième épisode

Suite de l'histoire Quand l'Agilité rencontre la sociocratie, dans la saison 1 de Rupture douce. Avant-dernier épisode.

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun.

L'expérimentation de la sociagilité commence en observant les façons de désigner des représentants dans les bandes de bikers et ce que propose Etienne Chouard à l'échelle de nos pays. Sur le terrain, Josette et Brice pratiquent l'élection sans candidat. Voici la suite.


Le ScrumMaster tournant

Quand j'étais prof à la fac – c’était avant de connaître la sociocratie – mes étudiants avaient des projets d'une durée de 6 mois, appelés BE pour Bureau d'études. Les équipes de BE se constituaient de façon plus ou moins auto-organisée. Les contraintes que nous leur donnions portaient sur le nombre de groupes et les limites min-max d'étudiants par groupe. Par exemple, s'ils étaient 26, nous voulions 6 groupes de 4 ou 5 personnes.

Une fois cette première étape franchie, on passait, au sein de chaque équipe, à la désignation du ScrumMaster. Car les projets étaient l’occasion d’appliquer Scrum. Il n'y avait évidemment pas de hiérarchie et chaque étudiant ayant à peu près la même expérience, la désignation se rapprochait de l'élection sans candidat. Parfois elle se faisait par tirage au sort.

Bien souvent, le rôle était tournant, c'est à dire qu'un nouvel étudiant jouait le rôle de ScrumMaster, tous les 2 ou 3 sprints en général. Il me semble que cette idée de mandat à durée limitée est en phase avec la sociocratie. Le représentant élu sans être candidat a aura ainsi moins tendance à s’installer dans la routine du rôle qu’il va jouer s’il sait qu’il devra laisser la place dans quelque temps.

Utopie : Supprimer le ScrumMaster ?

La mission du ScrumMaster est d’être le vecteur capable, par son influence, d’entraîner ses co-équipiers vers plus d’auto-organisation.

Pour cela, il doit être moteur pour définir la constitution « au sens Constituante », c'est à dire les règles qui vont définir le cadre de travail de l’équipe. Etienne Chouard[1] nous dit, pour revenir à l’échelle d’un pays, que ce n'est pas à un homme de pouvoir (du pouvoir en place) d'écrire la constitution. C'est contraire à l'intérêt général, car même s'il est intègre, il sera un jour tenté de préserver ses propres intérêts.

Le principe du ScrumMaster tournant rejoint cette préoccupation.

Cependant, on constate, parmi ceux qui tiennent le rôle de ScrumMaster sur le terrain, des dérives autoritaires ou micro-managériales. Bien que la notion de chef ne fasse pas partie du rôle, elle peut réapparaître pour ceux qui sont mal formés ou dans des organisations à forte culture du contrôle.

Dans la communauté Agile, des voix se font entendre pour combattre ces dérives. Les plus radicaux, comme Tobias Mayer posent carrément la question de supprimer le rôle de ScrumMaster[2].

Cela n’est finalement que donner un horizon plus court à l’idée largement diffusée que « le ScrumMaster devient inutile quand l'équipe a atteint un stade avancé d'auto-organisation ».

Face à ce radicalisme qu’on peut considérer comme romantique – certains disent déjà « bisounours » à propos des pratiques sociales de l’Agilité – la sociocratie se situe dans une perspective différente de maintien de la hiérarchie, sur laquelle on pose le double lien.

Dans le cadre Scrum aussi, et c'est ce qui en fait son originalité, les responsabilités traditionnelles du chef ne sont pas confiées à une seule personne, mais partagées entre deux : le Product Owner prévoit et anticipe, le ScrumMaster entraîne les membres de l'équipe vers ce que demande le PO (et il est bien clair qu'il n'est pas le chef).


à suivre.

Notes

[1] relire le 6ème épisode.

[2] Article traduit en français par Fabrice Aimetti

Rupture douce : Sociocratie et Agilité, dernier épisode

Suite et fin de l'histoire Quand l'Agilité rencontre la sociocratie, dans la saison 1 de Rupture douce.

Résumé des épisodes précédents : Après une chocolatine à la Pasteline et une virée à Grenoble, l'Agilité et la sociocratie se sont enfin rencontrées au ScrumDay et partagent des idées en commun.

L'expérimentation de la sociagilité commence en observant les façons de désigner des représentants dans les bandes de bikers et ce que propose Etienne Chouard à l'échelle de nos pays. Sur le terrain, Josette et Brice pratiquent l'élection sans candidat.

Tout ça fait réfléchir à la notion de chef dans notre monde de l'Agilité. Mais il faut bien conclure.


Rupture douce

En conclusion, on trouve dans la sociocratie des idées pour renforcer les fondamentaux de l'agilité dans leur composante sociale :

  • la coopération,
  • l'auto-organisation.

Dans le cadre d'une transformation agile, la sociocratie contribue au changement de culture, notamment pour passer d'une culture du contrôle à celle de la collaboration[1].

Pour le dire vite, il ne s’agit pas seulement de faire de l'agile mais d’être agile. Cette transformation constitue une rupture. Comme la sociocratie ne cherche pas à éliminer la hiérarchie existante, mais à la cantonner à l’exécution des décisions prises dans les cercles sociocratiques, on peut dire qu’elle constitue une rupture douce.

Ce qu’on peut formuler, en paraphrasant Jaurès[2], par :

Les mesures prises pour adapter l’agilité au contexte ne doivent pas être considérées que comme des adoucissants, mais comme des préparations pour aller plus loin.

Mes 3 clés

  1. Fréquentez les cafés (ou les boulangeries qui font café) et les manifestations « agiles » pour faire de belles rencontres, chercher de nouvelles idées et apprendre de nouvelles pratiques.
  2. Essayez des pratiques simples de la sociocratie, comme la prise des décisions par consentement.
  3. Appuyez votre transformation Agile sur des idées de gouvernance nouvelles mais déjà éprouvées comme celles de la sociocratie.

Pour aller plus loin

  • Stephen Denning, Radical Management, Ed. Jossey-Bass, 2010 (en anglais)
  • Jeremy Rifkin, La troisième révolution industrielle, Ed. Les liens qui libèrent, 2012
  • Gilles Charest, La démocratie se meurt, vive la sociocratie, Ed. Essersi, 2007

Mes 5 liens vers d’autres histoires de Rupture Douce

Couverture Rupture Douce saison 1 Dans Rupture Douce, les histoires sont connectées. Chaque auteur devait lier son histoire à d'autres. Voici celles que j'ai référencées dans les différentes épisodes :

  1. Il était une fois la play room d’Oana Juncu
  2. L’Agilité, même pas mal de Laurent Morisseau
  3. Facilitation Lud’innovante de Laurent Sarrazin
  4. Dans la peau du Manager Agile de Jean-Claude Grosjean
  5. Des lignes, des courbes, des sphères... une brève histoire de PME Agile de Damien Thouvenin

Pour lire ces belles histoires et bien d'autres, allez chez Lulu !

Bientôt en anglais !

Bientôt une saison 2 ! J'ai le plaisir d'être le parrain de deux nouveaux auteurs (en fait 3) : Isabel et Alexis Monville, et Thierry Cros. L'aventure continue.

Notes

[1] Les types de culture du modèle de Schneider sont étudiés dans le cadre de l’Agilité par Michaël Sahota dans son guide pour l’adoption et la transformation agile, désormais traduit en français.

[2] République et Socialisme, Jean Jaurès, 17 octobre 1901