Scrum fait peur

Mieux vaut parler de méthodes agiles que de Scrum pour faire accepter l'idée de l'agilité sans effrayer la population !

J’ai fait la semaine dernière une présentation de Scrum à des personnes qui n’avaient jamais entendu parler des méthodes agiles. Ce n’est pas ce que je fais d’habitude et c’est à éviter pour des novices complets sur le sujet.

C’est qu’avec Scrum on utilise un langage particulier : sprint, scrumMaster, backlog, product owner, scrum daily meeting, etc.

Ce sont des mots exotiques, intraduisibles ou réservés habituellement au sport. Dans mes présentations en français, cela devient : sprint, scrumMaster, backlog, directeur de produit, mêlée quotidienne. Les concepteurs de Scrum ont souhaité montrer de cette manière le changement nécessaire dans les organisations. Cela a des avantages lors de la mise en oeuvre une fois que l’idée d’agilité a été acceptée.

En revanche, cela a l’inconvénient d’effrayer les utilisateurs potentiels et surtout les clients et managers dans des organisations habituées à un vocabulaire standardisé SI à la française (MOA, MOE, spécification fonctionnelle détaillée, planning…).

J’ai senti de la part de mes interlocuteurs[1] une méfiance devant ces termes, j’ai vu des sourires entendus. Ce vocabulaire peut pousser à faire croire que tout ça c’est original mais que ce n’est pas très sérieux, pas adaptable à leur organisation, pas adapté à la culture française. C’est pourquoi je pense qu’il est préférable lors d’une première présentation à des novices de ne pas s’appuyer sur Scrum mais sur les méthodes agiles de façon neutre[2]. Pour le vocabulaire, cela donne :

  • itération au lieu de sprint
  • animateur ou pilote d’équipe[3] au lieu de ScrumMaster
  • point quotidien au lieu de scrum ou de mêlée
  • backlog pour backlog de produit. Backlog passe bien
  • liste des tâches de l’itération pour backlog de sprint

Notes

[1] surtout les “MOA”

[2] comme le fait Mike Cohn dans ses 2 livres

[3] chef de projet agile si on veut y aller doucement

Voir aussi