Adaptation et anticipation

L'agilité favorise l'adaptation mais n'interdit pas un peu d'anticipation

Les méthodes agiles facilitent l’adaptation au changement. Dans les présentations, on oppose souvent ce côté adaptatif de l’agilité à celui, associé aux méthodes traditionnelles basées sur un cycle en V, de faire en sorte de tout prévoir à l’avance. Le prédictif contre l’adaptatif.

Cette vision est trop simpliste. Qu’on utilise une méthode agile ou pas, on a toujours besoin de prévoir. Pour anticiper.

Sur un projet auquel je participe, on utilise Scrum, notamment pour prendre en compte des retours qui viendront du feedback des utilisateurs. Donc la possibilité de s’adapter aux changements est un bénéfice important. D’un autre côté, la date du 15 novembre a déjà été annoncée comme fin de release. Il est légitime de savoir ce que va contenir cette release. Le plan de release permet d’en avoir une idée. Pour le moment, après un seul sprint, l’idée qu’on a de ce qui sera dans la release est encore très floue. C’est normal, les prévisions ne sont pas fiables à cette étape du projet. Mais dans disons 2 ou 3 sprints, elle deviendra plus précise. Il sera alors possible, grâce au plan de release actualisé de prévoir avec plus de fiabilité ce qui sera fini le 15 novembre. Si tout ce qui est envisagé dans le backlog ne sera pas fini le 15 novembre, ce qui est probable, on pourra décider :

  • soit de garder cette date avec un périmètre réduit (ce qui est souhaitable),
  • soit de repousser la fin de la release. Une caractéristique importante des méthodes agiles est leur capacité à prendre en compte les changements. Elle implique que les plans soient remis à jour régulièrement. Cette façon de faire n’interdit pas la prise de décision en fonction des plans, c’est à dire l’anticipation.

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