Transition rapide et radicale

C'est le moment de passer à la vitesse supérieure

Jeff Sutherland rappelait jeudi soir, lors du lancement du SUG français, qu’à peine un tiers des équipes proclamant faire du Scrum passaient avec succès le test Nokia. Ce n’est pas beaucoup. Ce n’est pas assez et j’espère qu’en France nous allons obtenir de meilleurs résultats.

Trop de chipotages, de tergiversations, de demi-mesures sous prétexte d’adaptation au contexte, il est temps de passer à des transitions plus radicales. Plus rapides aussi.

La situation a changé. C’est le moment d’entreprendre des changements importants plus vite parce que la crise est là. C’est le moment parce que les autres approches ont montré leurs limites. C’est devenu possible parce que la culture agile est maintenant diffusée et qu’il existe en France plein de consultants de bon niveau prêts à vous aider.

Dans ma présentation de Marseille mardi dernier, j’ai mis en avant une liste de pratiques dont l’apport est reconnu pour chacune d’entre elles :

  1. Cycles courts et timeboxés
  2. Equipe complète + Management laissant l’équipe s’organiser (ScrumMaster)
  3. Représentant des clients dans l’équipe (Product Owner)
  4. Backlog avec priorités
  5. Planification à 2 niveaux
  6. Intégration continue
  7. Scrum meeting
  8. Rétrospective
  9. Pilotage par les tests
  10. Binômage

Pour une transition efficace à l’agilité, il vaut mieux les mettre en œuvre toutes. Avec le cadre Scrum, cela donne un tout cohérent. Adapter au contexte ce n’est pas piocher dans la liste 2 ou 3 pratiques, c’est définir de quelle façon seront appliquées ces pratiques. Pour donner quelques exemples :

  • définir la durée des itérations. Le choix est vaste entre 0 jour et un mois, voire un mois et demi dans certains contextes
  • décider de l’heure et de la forme du scrum meeting. Là aussi, il existe de nombreuses possibilités, pour tenir compte de la répartition géographique de l’équipe
  • définir la notion de fini pour l’équipe. Ce que signifie fini peut varier beaucoup selon le contexte[1].

L’amélioration continue mise en avant à travers les rétrospectives ne doit pas non plus être un prétexte à un démarrage en agile canada dry (comme dirait Thierry). Certes la rétrospective permet de définir des axes d’amélioration mais, ayant lieu pendant que le projet se déroule, elle est plus efficace pour du tuning que pour introduire des changements importants.

Les changements importants, il vaut mieux les faire rapidement et au début plutôt que les faire progressivement ce qui peut durer pendant des mois. C’est plus efficace pour changer les mentalités.

L’exemple le plus connu d’un big-bang agile reste Salesforce.

Notes

[1] Nous aurons d’ailleurs vendredi, lors du SigmaT9, un retour d’expérience présenté par Atchik, qui montrera comment l’équipe a adapté cette notion de fini à son contexte.

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