Sprint, une catachrèse

Sprint, une catachrèse

Dans L’art de devenir une équipe agile j’ai inséré un mot dont je viens de découvrir qu’il est une insulte du Capitaine Haddock. Il figure dans Le petit Haddock illustré d’Albert Algoud.

C’est catachrèse.

Les créateurs de Scrum pensaient bien faire en utilisant le mot sprint. Itération était disponible, cependant sprint ajoute la notion de période courte, bien utile pour l’agilité.

Mais finalement la métaphore s’avère mal choisie, car elle évoque surtout l’idée d’un effort violent pendant une période courte.

Cette idée d’effort extrême pour produire une accélération, comme dans le sport, n’est pas du tout celle de l’agilité ni de Scrum. Car on ne s’arrête pas pour récupérer à la fin de sprint. Une équipe Scrum est tout le temps dans un sprint.

Pour combattre cette idée d’être à fond sans arrêt qui a un effet stressant sur les équipes, j’ai essayé à plusieurs reprises d’expliquer que ce n’était pas les membres de l’équipe qui sprintaient, mais les stories (les travaux) qu’ils réalisent. Je l’ai écrit dans mon livre Scrum.

Dans L’art de devenir une équipe agile, destiné à des novices en agilité, nous expliquons (avec le dessin d’Étienne ci-dessus) que le sprint ne doit pas être associé à un effort violent.

Je poursuis en souhaitant que le sprint de l’agilité devienne une catachrèse. Pour qu’on oublie son sens premier de vitesse. Vous avez bien oublié que les pieds d’une chaise ne sont pas vraiment des pieds.