Conclusion de la keynote à Agile en ligne

Au-delà de s’adapter au changement subi, nous voulons devenir le changement

Conclusion de la keynote à Agile en ligne

Cette keynote Le confinement, une opportunité pour bifurquer vers une agilité radicale, a été le fruit d’une réflexion d’équipe. Nous l’avons présentée en équipe, en faisant de notre mieux compte tenu du contexte.

Après les interventions éclairantes d’Anthony et Jean-Pascal, j’ai repris la parole pour conclure. Une conclusion rapide de moins de trois minutes je pense. Avec 3 slides.

Les slides de notre présentation sont accessibles sur agileradical.org (il y a même une vidéo).

Un premier slide pour dire que c’était le moment de réfléchir et que la rétro-confinement nous semblait un outil approprié là maintenant.

Un dernier pour citer les articles et livres qui nous ont inspirés, y compris une citation d’Edgar Morin (cela allait de soit pour ce sujet).

Et le slide central, celui qui s’est retrouvé sur twitter, a fait un retour aux racines du manifeste agile —comme JP l’a rappelé, radical cela signifie :

Relatif à la racine, à l’essence de quelque chose

Notre intention était de commenter le manifeste à l’aune de la situation actuelle et de notre cheminement suite à la lecture de Bruno Latour.

Le premier point, soulevé par Latour, est celui de la production (plus comme avant !) qui pour nous correspond aux produits et services développés, d’où l’idée d’aller plus loin que la collaboration avec le client en prenant en compte l’impact sur le vivant.

Le second, celui de la valeur sociale illustré avec Graeber, a pour nous vocation à être inclus dans les boucles de feedback (en plus de l’impact sur le vivant bien sûr) de l’agilité.

Pour la première strophe du manifeste (les personnes et les interactions), le sujet est largement abordé dans l’agilité depuis des années, avec des outils de démocratie participative fréquemment utilisés pour les prises de décision. Finalement pourquoi ne pas l’afficher clairement ? D’où l’idée de l’auto-organisation ; cela aurait pu être aussi auto-gouvernance, mais équipe auto-organisée est mentionné depuis le tout début de l’agilité.

Enfin sur le changement, nous voyons trop de personnes subir les changements que l’idée de devenir le changement a émergé d’elle-même ; elle nous semble tout à fait dans l’esprit de la pensée de Bruno Latour.

Voilà :


Ce que nous apprenons avec le confinement renforce notre volonté d’agir face à l’urgence climatique et sociale ; cela nous amène à développer des produits et de services avec une agilité radicale :

Certes nous valorisons les personnes et les interactions plus que les processus et les outils, mais
Au-delà des personnes et des interactions, nous privilégions l’auto- organisation

Certes nous valorisons voir le logiciel fonctionner plus qu’avoir sa documentation complète, mais
Au-delà de voir le logiciel fonctionner, nous nous assurons de sa valeur sociale

Certes nous valorisons la collaboration avec le client plus que la négociation du contrat, mais
Au-delà de la collaboration avec le client, nous prenons en compte l’impact sur le vivant

Certes nous valorisons s’adapter au changement plus que suivre le plan mais
Au-delà de s’adapter au changement (subi), nous voulons devenir le changement (désiré)