Sprint, un mot mal choisi ?

C'est toujours mieux que bachi-bouzouk

Sprint, un mot mal choisi ?

Dans L’art de devenir une équipe agile on trouve ce dessin, page 69. Il illustre ce que ne devrait pas être un sprint pour une équipe agile.

Pour expliquer comment on peut continuer à dire sprint tout en oubliant l’idée de vitesse qui y est attachée, j’ai utilisé un mot dont je viens de découvrir qu’il est une insulte du Capitaine Haddock.

Il figure dans Le petit Haddock illustré d’Albert Algoud.

Non, ce n’est pas bachi-bouzouk. Ni ectoplasme. Ni apache. Ni vampire.

C’est catachrèse.

Les créateurs de Scrum pensaient bien faire en utilisant le mot sprint. Itération était disponible, cependant sprint ajoute la notion de période courte, bien utile pour l’agilité.

Mais finalement la métaphore s’avère mal choisie, car elle évoque surtout l’idée d’un effort violent pendant une période courte.

Cette idée d’effort extrême pour produire une accélération, comme dans le sport, n’est pas du tout celle de l’agilité ni de Scrum. Car on ne s’arrête pas pour récupérer à la fin de sprint. Une équipe Scrum est tout le temps dans un sprint.

Pour combattre cette idée d’être à fond sans arrêt qui a un effet stressant sur les équipes, j’ai essayé à plusieurs reprises d’expliquer que ce n’était pas les membres de l’équipe qui sprintaient, mais les stories (les travaux) qu’ils réalisent. Je l’ai écrit dans mon livre Scrum.

Dans L’art de devenir une équipe agile, destiné à des novices en agilité, nous expliquons (avec le dessin d’Étienne ci-dessus) que le sprint ne doit pas être associé à un effort violent.

Je poursuis en souhaitant que le sprint de l’agilité devienne une catachrèse. Pour qu’on oublie son sens premier de vitesse. Vous avez bien oublié que les pieds d’une chaise ne sont pas vraiment des pieds.

Bien sûr il y aurait aussi la solution de ne pas utiliser le mot sprint. Mais l’usage est pris dans les équipes et les organisations.