L'agilité, ça s'applique à une équipe

On trouve l'adjectif agile parfois associé à une personne ou un rôle (le manager agile !), parfois à une équipe et parfois à une entreprise.

Avec l'agilité définie comme la capacité à fournir régulièrement de la valeur, cette caractéristique s'applique d'abord à une équipe.

La valeur que perçoivent les utilisateurs, on l'obtient avec un produit et service mis à leur disposition. Il s'agit donc de le créer, le développer. Le FAIRE. Qui fait ?

Ce n'est pas une personne seule, ce n'est pas une organisation, c'est l'équipe.

L'agilité s'applique d'abord et avant tout à une équipe. Sans équipe agile, pas d'agilité.

À mon avis, tous ceux qui promeuvent l'agilité au niveau de l'entreprise sans se préoccuper en premier de la notion d'équipe se trompent.

Cependant, dire que l'agilité s'applique d'abord à une équipe ne signifie pas que seule l'équipe est concernée. Elle n'est pas toute seule, elle évolue dans un environnement où se trouvent les utilisateurs, mais aussi toutes les parties prenantes.

Pour que l'équipe puisse devenir agile, il y a un prérequis qui concerne cet environnement.

Dans Modern Agile, la notion de prérequis apparaît explicitement. Le moment idéal pour installer ce qui est requis est ce que j'appelle le prélude (que je développe dans le chapitre 13 de l'édition 5 de Scrum, pour une pratique vivante de l'agilité).

Avec Agile Fluency, pour devenir agile, l'équipe doit d'abord se focaliser ; cela n'est possible qu'avec un engagement des parties prenantes, et en particulier des managers, à avoir un comportement qui permet à l'équipe de s'épanouir.

Les traits principaux de ce comportement[1] sont présentés, page 21 de L'art de devenir une équipe agile, dans ce dessin d'Étienne Appert :

Ce centrage sur l'équipe limite les risques de faux-agile fréquent quand c'est l'organisation qui impose l'agilité aux équipes. L'idée est de laisser faire, en donnant les moyens. Plus tard, quand l'équipe sera devenue agile et aura développé ses compétences techniques, on pourra changer la structure de l'organisation puis sa culture.

Note

[1] un grand merci à Claude Andrieux pour sa contribution