Les défis de la communauté agile

L'Institut Agile énumère cinq défis de la communauté agile.
Mes commentaires sur les défis qui sont proposés dans l'article.

Premier défi : enterrer la certification

De mon point de vue, l'enterrement est en bonne voie. De ce que j'entends, ce n'est pas une obsession de beaucoup de monde. Je viens de faire 3 conférences (Nancy, Genève et Toulouse) et je n'y ai pas entendu parler de ce sujet. Juste une discussion avec un orateur qui avait pour ambition de devenir "trainer". Bon, il n'était pas français, c'est peut-être pour ça, car il me semble qu'en France, nous avons réussi mieux qu'ailleurs à répondre à ce défi posé par le système pyramidal de la Scrum Alliance. Certes il reste encore à mieux faire connaître les vraies qualifications des formateurs et des praticiens; les communautés locales y contribuent déjà.

Deuxième défi : proposer un modèle contractuel propre

C'est vrai que cette question revient toujours de façon récurrente dans les conférences et les formations. Mais dans les conférences, il y a aussi beaucoup de pistes fournies par les présentateurs de sessions sur le sujet. Par exemple Jean-François a expliqué comment concilier Agilité et projet au forfait à Nancy et à Marseille.

Il y a aussi plein de retours d'expérience qui montrent que ça se pratique couramment sur le terrain, avec des contrats qui s'adaptent à la situation et des clients qui comprennent tout l'intérêt de l'agilité. Par exemple celui-ci.

On commence également à voir des appels d'offre publics prenant en compte l'agilité.

Troisième défi : éviter le jargon

Bah, la ScrumMania a eu au moins le mérite d'unifier le jargon, même si c'est parfois du franglais. Par exemple, je constate que tout le monde dit backlog et product owner. Quant aux étiquettes, et à condition de ne pas tomber dans le dogmatisme, elles dénotent de la diversité et de l'innovation dans le domaine de l'agilité.

Quatrième défi : fournir des chiffres !

Des chiffres existent déjà et sont publiés. Par exemple ceux présentés dans ce billet qui date d'un an sur les bénéfices de l'agilité. Certes, en France, il faut d'autres enquêtes plus significatives.

Cependant je constate dans mes formations et présentations, que le sujet "chiffres sur les bénéfices de l'agilité" n'est pas jugé prioritaire. Il suffit peut-être aux gens de savoir qu'il y a des chiffres...

Cinquième défi : rapprocher la recherche de l'industrie

Bonne nouvelle, il y avait quelques enseignants-chercheurs de l'IRIT à la conférence de Toulouse jeudi dernier.

Sinon je n'ai jamais considéré que l'agilité pouvait être concurrente du génie logiciel : les méthodes agiles font partie du génie logiciel, c'est comme ça que je vois les choses. L'enseignement des méthodes agiles que je fais à la fac de Toulouse se situe clairement dans un cadre génie logiciel. Si concurrence il y a, c'est à l'intérieur de ce cadre entre les méthodes traditionnelles et les méthodes agiles. Un premier palier a été atteint en 2007 avec la création d'une sous UE officiellement dédiée à l'agilité. Le constat est qu'en terme d'heures d'enseignement, l'agilité est devant et que 100% des projets étudiants se font avec Scrum.

A propos de l'Institut Agile, Laurent Bossavit, sera invité au prochain SigmaT à Toulouse le 10 décembre, où il fera une présentation et parlera de l'Institut.